Lors de sa rencontre avec la communauté catholique de Monaco, le pape Léon XIV a souligné :
[…] Il me semble toutefois nécessaire de souligner un deuxième aspect : l’annonce de l’Évangile comme défense de l’homme. En souhaitant que tout le monde accueille la bonne nouvelle de l’amour du Père, Jésus se pose en “avocat”, afin surtout de défendre ceux qui sont considérés comme abandonnés par Dieu, qui sont jugés, oubliés et marginalisés. Il se fait la voix et le visage du Dieu miséricordieux qui « défend le droit de tous les opprimés » (Ps 103, 6).
Je pense alors à une Église appelée à se faire “avocate”, c’est-à-dire à défendre l’homme : tout l’homme et tous les êtres humains. Il s’agit d’un chemin de discernement critique et prophétique visant à promouvoir « un développement intégral de l’humanité, qui respecte sa dignité et son identité authentique, ainsi que sa fin ultime qui renvoie au mystère de pleine communion avec le Dieu Trinité et entre nous » (Commission théologique internationale, Quo vadis, humanitas n. 22).
C’est là le premier service que doit rendre l’annonce de l’Évangile : éclairer la personne humaine et la société afin que, à la lumière du Christ et de sa Parole, elles découvrent leur identité, le sens de la vie humaine, la valeur des relations et de la solidarité sociale, le but ultime de l’existence et le destin de l’histoire.
À cet égard, je tiens à vous encourager à accomplir un service passionné et généreux dans l’évangélisation. Annoncez l’Évangile de la vie, de l’espérance et de l’amour ; apportez à tout le monde la lumière de l’Évangile afin que la vie de chaque homme et de chaque femme soit défendue et promue, de sa conception à sa fin naturelle ; offrez de nouveaux repères capables d’endiguer ces poussées de sécularisme qui risquent de réduire l’homme à l’individualisme et de fonder la vie sociale sur la production de richesses.
Il est important que l’annonce de l’Évangile et les formes de la foi, si profondément ancrées dans votre identité et dans votre société, se gardent du risque de se réduire à une habitude, fût-elle bonne. Une foi vivante est toujours prophétique, capable de susciter des questions et de présenter des défis : défendons-nous vraiment l’être humain ? Protégeons-nous la dignité de la personne en préservant la vie à toutes ses étapes ? Le modèle économique et social actuel est-il vraiment juste et empreint de solidarité ? Est-il animé par l’éthique de la responsabilité qui nous aide à dépasser la « logique de l’échange d’équivalents et du profit comme fin en soi » (Benoît XVI, Enc. Caritas in veritate, n. 38), pour construire une société plus juste ? […]
