Dom Pateau a été longuement interrogé par le blogue Silere non possum. Il revient notamment sur la proposition de Dom Kemlin :
[…] Comment ne pas accueillir avec gratitude, joie et reconnaissance des interventions qui cherchent à apaiser les tensions malheureusement accumulées pendant des décennies autour de l’autel et du sacrement de l’amour ? Le Saint-Père ne cache pas son inquiétude à ce sujet et nous invite à « un nouveau regard que chacun porte sur l’autre, avec une plus grande compréhension de sa sensibilité… un regard capable de permettre à des frères, enrichis par leur diversité, de s’accueillir mutuellement, dans la charité et dans l’unité de la foi ». Il implore la lumière de l’Esprit Saint afin que « des solutions concrètes soient trouvées, qui incluent généreusement ceux qui sont sincèrement attachés au Vetus Ordo », en ce qui concerne les orientations liturgiques souhaitées par le Concile Vatican II. » Le missel de 1965 est précisément la mise en œuvre des orientations souhaitées par le Concile Vatican II. Saint Paul VI l’a reconnu. Quant à la proposition de l’abbé Geoffroy Kemlin, elle permettrait aux prêtres utilisant le Novus Ordo de bénéficier de la richesse des signes et des gestes de l’ Ordo Missae de 1962 , tout en conservant les lectures et certaines prières du missel de 1969. Pour les communautés utilisant le Vetus Ordo, cependant, sa mise en œuvre serait difficile. Il n’y aurait plus de cohérence entre les lectures de la messe et celles de l’Office divin contenues dans le bréviaire et l’antiphonaire. À ce propos – et cela est peu connu – un lectionnaire a été élaboré en 1966, enrichissant celui du missel de 1962. Il conserve toutes les lectures existantes et, pour les jours de semaine où les lectures du dimanche étaient auparavant répétées, propose des lectures appropriées. Son utilisation était laissée à la discrétion de l’ordinaire du lieu. Il a été utilisé en France. Elle répond à la demande des Pères conciliaires d’enrichir le lectionnaire et permet de préserver la cohérence avec l’Office divin. En tout état de cause, la décision d’aborder la question de l’enrichissement des missels de manière pragmatique, quelle que soit la solution proposée, me semble très positive et la seule voie fructueuse à long terme. Elle permet d’éviter deux écueils : la rigidité et l’idéologie. La liturgie est, après tout, avant tout une pratique. […]
