Partager cet article

Europe : politique

Avez-vous entendu parler de l’European Media Freedom Act  ?

Avez-vous entendu parler de l’European Media Freedom Act  ?

On apprend ici que, depuis le 8 août 2025, les États membres sont tenus de transposer intégralement le Règlement européen sur la liberté des médias, qui garantit l’ indépendance éditoriale et fonctionnelle des médias de service public, leur capacité à offrir impartialement une pluralité d’informations et d’opinions, ainsi que des procédures de nomination afin de les protéger contre toute ingérence politique. Sic.

Entré en vigueur le 7 mai 2024, le European Media Freedom Act impose notamment la publication de la liste des propriétaires de médias, interdit la surveillance des journalistes et protège la liberté éditoriale face aux ingérences politiques ou économiques.

Pour la Commission européenne, les difficultés de financementdes médias sont la principale cause de leur manque d’indépendance. À propos des médias de service public, les fonds publics qui leur sont destinés devront désormais être suffisants, stables et prévisibles.

C’est l’occasion d’évoquer les travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public :

  • Le budget de France Info TV a doublé en 7 ans atteignant près de 40 millions d’euros annuels. Pourtant, les audiences de la chaîne stagnent et ne dépassent toujours pas 1 % de part de marché en 2025, très loin derrière les trois autres chaines d’informations CNews, BFMTV et LCI. Interrogée sur cet échec manifeste et sur l’absence d’impact du doublement du budget sur les audiences, Muriel Pleynet, directrice de France Info TV, a estimé que sa « mission était accomplie ».
  • Christophe Ventura, ancien membre du Parti de gauche – ancêtre de LFI – et soutien public de Nicolás Maduro, qui s’est rendu au Venezuela en 2013 pour célébrer sa victoire présidentielle, a été invité dans l’émission Vrai ou Faux, animée par Julien Pain sur Franceinfo, où il a été présenté comme un simple « spécialiste de l’Amérique latine ». Une présentation d’autant plus problématique que cette émission revendique précisément une expertise en matière de lutte contre les fake news et de fact-checking. Interrogée sur l’atteinte à la crédibilité que représente, pour France Télévisions, l’invitation d’un militant politiquement engagé et favorable à un régime dictatorial sans transparence sur son positionnement, Muriel Pleynet, directrice adjointe de l’information, a pourtant expliqué que chaque engagement politique des invités devait être systématiquement signalé en plateau.
  • France 5 a diffusé un documentaire de la série La Fabrique du mensonge, intitulé « Affaire Lola, chronique d’une récupération », quelques mois à peine après le meurtre de Lola, 12 ans, violée, torturée et assassinée par une ressortissante algérienne sous OQTF, maintenue sur le territoire malgré l’obligation de le quitter. Pendant près de 80 minutes, ce programme ne traite pas tant du drame lui-même que de ce qu’il désigne comme une « récupération par l’extrême droite », affirmant notamment qu’« en quelques jours à peine, une opération d’influence et de manipulation a été orchestrée », que cette mobilisation n’aurait eu pour but que de « faire de la politique », en « propageant de fausses informations et des théories du complot », allant jusqu’à évoquer « la crainte des services de l’État de voir se produire un attentat terroriste d’extrême droite sur notre territoire ». Interrogé sur le choix éditorial de diffuser un tel programme si peu de temps après un drame ayant bouleversé la France entière, Alexandre Kara, alors directeur de l’information de France Télévisions, n’a pas souhaité répondre, estimant que cette décision ne relevait pas de son périmètre.
  • Interrogé sur la légitimité de Stéphane Sitbon-Gomez, numéro deux de France Télévisions, à diriger près de 3 000 journalistes alors qu’il ne détient pas de carte de presse, n’a aucune expérience dans les médias et n’avait, avant son arrivée à France Télévisions, exercé que des fonctions au sein d’Europe Écologie–Les Verts, Alexandre Kara, ex-directeur de l’information, a justifié cette situation en la comparant à celle de « ministres occupant des postes dont ils n’étaient pas forcément spécialistes »
  • Interrogé sur le conflit d’intérêts que représente la situation de Léa Salamé, présentatrice du journal de 20h de France 2, alors qu’elle est en couple avec Raphaël Glucksmann, figure du Parti socialiste et potentiel candidat à l’élection présidentielle, Alexandre Kara, ancien directeur de l’information de France Télévisions, a estimé que le principe de précaution n’avait pas à s’appliquer et que Léa Salamé pouvait bien rester en poste. Selon lui, cette obligation ne s’imposerait qu’à partir du moment où son conjoint se déclarerait officiellement candidat, y compris si cette annonce intervenait seulement deux mois avant l’échéance électorale.
  • Linh-Lan Dao, journaliste spécialisée dans le fact-checking sur Franceinfo et France 5, a été tête d’affiche d’une réunion politique de La France insoumise organisée le 13 novembre à Toulouse, aux côtés du député LFI François Piquemal. Interrogée sur l’indépendance de cette journaliste, publiquement associée à LFI alors même qu’elle occupe une fonction centrale consistant à déterminer le vrai et le faux sur deux chaînes du service public, Muriel Pleynet, directrice adjointe de l’information de France Télévisions, a indiqué qu’elle était toujours en poste malgré une sanction prononcée et une absence de déclaration obligatoire pour ce type de participation à un événement. Elle a toutefois refusé de préciser la nature de la sanction devant la représentation nationale.
  • Interrogé sur la contradiction entre ses engagements politiques trotskistes passés et ses séjours dans des palaces à Cannes facturés 1 700 € la nuit, en tant que directeur du cinéma, des fictions internationales et des programmes jeunes adultes de France Télévisions, Manuel Alduy a estimé que ses opinions politiques n’avaient « rien à voir et rien à faire » avec son métier.
  • Lors de son audition, Anne Holmes, directrice des programmes et de la fiction de France Télévisions, l’un des budgets les plus importants des programmes de l’entreprise, reconnaît régulièrement passer des vacances chez un dirigeant d’une société de production qui bénéficie de contrats accordés par France Télévisions. Elle refuse toutefois d’en communiquer le nom.
  • Interrogé sur le coût de programmes tels que « C dans l’air » ou « C à vous », le directeur des magazines de France Télévisions a refusé d’en communiquer le montant. Pourtant, il s’agit de fonds publics : les Français ont le droit de savoir comment et pour quels montants leur argent est utilisé.

Partager cet article

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services