Communiqué de la Famille Missionnaire de Notre Dame suite à son procès, dont le jugement sera rendu le 24 mars :
Le procès du Père Bernard et de la Famille Missionnaire de Notre Dame s’est déroulé du lundi 19 au jeudi 22 janvier 2026 à Privas.
Un évêque, des médecins, des parents et des membres de la congrégation ont pu témoigner en faveur de la Famille Missionnaire, et confirmer l’absence de toute emprise ou dérive sectaire dans la communauté. La défense a été contrainte à renoncer à faire entendre douze témoins de la Famille Missionnaire, pourtant dûment cités, faute de temps.
Au terme de ces quatre journées, le procureur de la République a requis des peines aberrantes, pour des faits non seulement vigoureusement contestés, mais dont toutes les auditions démontrent qu’ils sont sans fondement, et n’a tenu aucun compte des témoignages apportés, ni des débats.
Les avocats de la Famille Missionnaire ont réfuté un à un tous les points dénoncés par les parties civiles et par le procureur. Ils ont brillamment montré, dans leurs plaidoiries, l’évidence de la conformité de la vie de la Famille Missionnaire avec ses Constitutions reconnues et saluées par le Saint-Siège et promulguées par l’évêque de Viviers en 2015. Ils ont montré également l’incompréhension gravissime des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, pourtant constitutifs de la vie religieuse, qui sont protégés par l’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’homme et par plusieurs arrêts très importants de la Cour européenne.
En réalité, il s’agit ici d’une atteinte sans précédent à la liberté de religion, et d’une immixtion inacceptable et dangereuse de la justice laïque dans la vie de l’Église et d’une de ses congrégations, de ses Constitutions et de sa règle de vie religieuse, approuvées par le Saint-Siège. Demain, de nombreuses communautés feront l’objet des mêmes attaques, et c’est pour elles aussi que ce combat se joue aujourd’hui.
La décision sera rendue le mardi 24 mars 2026.
La Famille Missionnaire de Notre Dame garde confiance et demeurera fidèle à sa mission. Elle remercie chaleureusement ses avocats et ses nombreux amis pour leurs innombrables marques de soutien. Elle est également reconnaissante aux très nombreux parents, frères et sœurs de ses membres de la soutenir aussi massivement. Elle appelle à continuer à prier pour que la vérité triomphe.
Dans un entretien, le père Bernard explique :
[…] Il y a eu beaucoup de contradictions dans les réquisitions du procureur : on nous explique que les membres seraient isolés, puis on nous reproche qu’ilsne seraient jamais seuls. On concède que seul un très petit nombre d’entre eux serait sous emprise, puis on affirme que l’emprise serait « systémique ». On reconnaît que les religieux qui ont été entendus comme témoins sont vraiment libres et matures, mais on pose la question : « Mais quid dans vingt ans ? »… C’est invraisemblable !
Oui, il y a là une hostilité manifeste à ce qu’est la vie religieuse. Des expressions qui nous ont été reprochées par le procureur font partie du patrimoine de la tradition religieuse et ont été employées par saint Benoît et saint Ignace eux-mêmes. Lorsque la vie religieuse refuse de se diluer dans l’esprit du monde, elle dérange. […]
Les Constitutions de la Famille Missionnaire ont en effet été non seulement reconnues mais louées par le Saint-Siège et l’Evêque de Viviers qui les a approuvées par décret. Qu’aujourd’hui une juridiction civile s’arroge le pouvoir de dire si les membres d’une congrégation vivent effectivement selon leurs Constitutions est extrêmement préoccupant. Un assistant apostolique avait été nommé par Rome à cet effet. Il avait demandé quelques « ajustements », qui ont été réalisés, et il a reconnu que nous avions fait ce qu’il nous avait demandé.
Mais la justice civile, en ce procès, a beau jeu : Madame le procureur l’a redit plusieurs fois : c’est la cellule « dérives sectaires » de la CEF qui a fait le signalement qui a permis au procureur de Privas d’ouvrir une enquête judiciaire confiée à la PJ de Nanterre. Oui, cela a été confirmé par l’évêque qui s’est servi de la cellule « dérives sectaires » de la CEF pour « me livrer » au tribunal pénal. J’ai donné mon pardon à cet évêque au cours du procès et j’ai demandé aux capitulants du Chapitre qui m’ont élu pour trois ans de lui pardonner. Nous avons ensemble prié pour cela en présence de Monseigneur Lagleize qui était alors notre Assistant apostolique. Ce pardon donné a vraiment libéré nos cœurs. […]
Il ne faut pas oublier l’histoire. C’est la première République qui a interdit les vœux religieux en 1790.Les Congrégations ont été interdites en 1880 et les religieux ont été expulsés par les armes de leurs monastères. Sans compter les spoliations en 1905 par l’État des biens temporels de l’Église financés au long des siècles par ses fidèles. Cette prétention de l’État de s’ingérer dans la vie religieuse n’est pas nouvelle et, comme l’a rappelé un de nos avocats, la liberté est à défendre chaque jour car elle n’est jamais acquise.
Ce qui est reproché aujourd’hui à la Famille Missionnaire de Notre Dame le sera demain à beaucoup de communautés qui vivent une vie religieuse classique et traditionnelle. L’un des « experts » intervenu au procès contre nous, et curieusement recommandé par des évêques de France, avait été rencontré il y a quelques années par un de nos Frères lors d’une intervention dans le diocèse.
À la question : « Que faites-vous du vœu d’obéissance ? », il avait répondu : « C’est un point que je n’ai pas élucidé. » Ainsi, il s’agit bien au fond d’une mise en cause des vœux eux-mêmes pourtant constitutifs de la vie religieuse. Il est nécessaire de veiller à la liberté des personnes, et ce procès a montré que c’était le cas dans la Famille Missionnaire. Mais il faut aussi rappeler que la vie consacrée est une suite du Christ qui nous appelle à la radicalité : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi » (Mt 19, 21). Jean-Paul II parlait de la vie consacrée comme d’« un choix qui s’exprime dans le radicalisme du don de soi par amour du Seigneur Jésus » (Vita consecrata, nº 3). C’est sans aucun doute contraire à l’esprit du monde, mais c’est ce que Jésus demande.
