Editorial d’Olivier Frèrejacques pour Liberté politique :
La Marche pour la vie du 18 janvier a rassemblé une dizaine de milliers de personnes à Paris pour promouvoir une politique pro-vie, donc hostile à l’euthanasie et à l’avortement. À contre-courant, ce type de rassemblement peut paraître vain et sans lendemain. Il n’en est rien. Manifester, se rassembler, exister comme groupe humain cohérent et interagir est vital.
Une voix dans le désert… ou plutôt une voie pour sortir du désert ! La dizaine de milliers de manifestants qui ont participé à la manifestation annuelle de la Marche pour la vie ne changera peut-être pas la donne à court terme, mais elle témoigne d’une réelle capacité de mobilisation et de l’existence de réseaux idéologiquement relativement cohérents. Le combat pour la vie est mal embarqué : la culture de l’avortement qui s’est installée en France en quatre décennies et l’offensive en faveur de l’euthanasie témoignent d’une lame de fond. Et pourtant, dans les ténèbres d’une société discrètement violente et mortifère, voir des milliers de familles capables de marcher à contre-courant est à la fois enthousiasmant et porteur d’espoir.
De la même manière que La Manif Pour Tous a débouché sur une défaite politique conjoncturelle mais a engendré une génération militante et plus radicale, la persévérance dans le combat pro-vie témoigne d’une capacité, pour beaucoup, à tenir bon quoi qu’il en coûte.
Ces rassemblements « militants » sont aussi l’occasion de se rencontrer, de se compter et de former ce que l’écrivain Jean Raspail appelait des « isolats » : des espaces où les autochtones continuent de vivre selon leur culture et, ici, selon leurs principes. Sans tomber dans une dérive qui consisterait en un repli total, un juste équilibre doit être trouvé, permettant de préserver notre intégrité tout en continuant de mener des combats publics qui nous permettent d’essaimer et d’avoir une existence dans le pays.
Sans élus, sans personnalités connues, sans prélats (ou presque), les manifestants de dimanche, ceux qui tiennent bon depuis 40 ans, ceux qui s’investissent dans leurs communautés, auprès des leurs mais aussi des plus faibles et des plus démunis, et qui refusent la fatalité, sont les sentinelles de notre temps.
