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France : Société

Chronique des cinglés

Chronique des cinglés

Dans Les 4 Vérités, Guillaume de Thieulloy relate une absurdité récente :

Il paraît, en effet, que l’université de Limoges est en émoi parce qu’une cinquantaine d’étudiants ingénieurs (oui, au masculin) ont détourné le « congé menstruel » et totalisé cent jours d’absence en trois mois.Bon, disons-le tout net : l’information est aussi absurde que sans intérêt. Mais elle est si révélatrice de ce monde qui marche sur la tête que je vous propose de nous y arrêter un instant.

Comment des garçons ont-ils pu profiter d’un congé menstruel – et, pour ne rien arranger, dans une université scientifique (alors que l’on pourrait raisonnablement supposer qu’il n’est pas nécessaire d’être surinformé en matière scientifique pour savoir qu’ils ne risquent pas d’en avoir besoin !) ? Eh bien, c’est tout simple : parce que l’université a voulu éviter toute « stigmatisation » et a donc ouvert le congé menstruel « sans distinction de genre ». Évidemment, quand vous lisez cela, vous ne pouvez pas manquer de vous dire que c’est idiot : on a donc légalisé un congé menstruel pour faciliter la vie des jeunes filles ; mais ce congé menstruel étant « stigmatisant », on l’a ouvert aux jeunes gens ; et l’on s’étonne que ces derniers l’utilisent !

Cependant, cette affaire absurde a au moins le mérite de manifester publiquement que nos modernes oligarques sont fous à lier et qu’ils légifèrent en dépit du bon sens. Comment, en effet, s’indigner que des garçons détournent le congé menstruel pour s’offrir une grasse matinée « légale », si, par ailleurs, on explique sur tous les tons de la gamme que la différence sexuelle n’a rien de naturel et qu’elle est purement culturelle ou sociale ? Si les hommes peuvent être « enceints » (comme l’enseigne doctement le Planning familial), pourquoi ne pourraient-ils pas aussi bénéficier du congé menstruel ?

Mais, derrière notre affaire de fraude au congé menstruel, il existe aussi un autre principe, plus discret mais tout aussi pervers, de notre loufoque et perverse post-modernité : on n’imagine plus aujourd’hui résoudre les problèmes autrement que par des lois. Inutile de rappeler que ça ne fonctionne à peu près jamais, mais cela a comme conséquence pratique que l’intimité même devient publique. Avant le XXIe siècle, il arrivait aussi que certaines jeunes femmes aient des règles douloureuses mais, à cette lointaine époque, elles en parlaient à un médecin qui pouvait leur proposer de les arrêter quelques jours, sans que l’État ou l’administration s’en mêle.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que notre vie privée recule chaque année un peu plus, au rythme des « victoires sociétales ». Serait-ce trop demander à nos géniaux dirigeants de ne pas se mêler de toute notre vie ? Et serait-ce trop leur demander de faire preuve d’un peu de bon sens ? Malheureusement, il y a fort à parier que rien de tout cela n’arrive et que cette grotesque anecdote ne serve nullement de leçon. Au contraire, cela pourrait même être l’occasion d’aggraver encore la situation en créant à grands frais un corps d’inspecteurs venant inspecter dans les toilettes et les chambres à coucher pour débusquer les fraudes au congé menstruel !

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