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Valeurs chrétiennes : Famille

De La Manif Pour Tous au Syndicat de la Famille : entretien avec Ludovine de La Rochère

De La Manif Pour Tous au Syndicat de la Famille : entretien avec Ludovine de La Rochère

Suite à la mutation de La Manif Pour Tous en Syndicat de la famille, nous avons interrogé Ludovine de La Rochère :

Pourquoi La Manif Pour Tous a-t-elle éprouvé la nécessité de changer de nom ?

Le nom de La Manif Pour Tous marque l’Histoire bien sûr et nous y sommes très attachés, très fiers même. Cependant, il ne disait pas l’objectif et il était réducteur sur les moyens, qui sont notamment la manifestation, mais pas seulement. J’ajoute qu’il exprimait notre opposition, mais non le fait que celle-ci s’explique par notre défense de ce qui est bon et nécessaire.

Mais surtout, défendant la famille depuis 10 ans, La Manif Pour Tous est devenue naturellement le syndicat de la famille. L’objectif d’un syndicat, en effet, est de défendre, par tous les moyens et sans rien lâcher. Et bien sûr, dans notre cas, défendre la famille. Il était temps de le dire officiellement, et le 10e anniversaire de La Manif Pour Tous en était l’occasion.

Prolongement de La Manif Pour Tous, le Syndicat de la Famille défend le respect et la prise en compte de la différence et de la complémentarité des sexes, le mariage homme-femme, la paternité et la maternité, la filiation père-mère-enfant, qui sont la réalité de notre humanité et les fondements de la famille.

Le Syndicat tire aussi les enseignements des centaines de rencontres, au fil des années, des représentants de La Manif Pour Tous avec des institutionnels et des politiques, locaux et nationaux. En effet, outre la bien connue et désastreuse idéologie du genre et, plus largement le wokisme et le transhumanisme, qui concernent une partie importante de nos élus, nous avons constaté l’incapacité de presque tous les autres, ceux qui ne sont pas progressistes, à défendre l’humain et la famille du fait de leur absence de vision et de leur ignorance des enjeux.

Pour vous en donner une illustration concrète, lorsque vous parlez « famille » à un élu centriste ou de droite, il vous répond « politique familiale », c’est-à-dire, dans son esprit, allocations familiales et fiscalité. Et il est content de lui ! Or ces questions sont certes importantes, mais largement insuffisantes, réductrices et bien loin de l’essentiel, qui sont les fondements anthropologiques et éthiques, l’éducation, etc. Finalement, depuis 1945, rien de nouveau en ce qui concerne la politique familiale (qui en plus a été réduite), pas une idée nouvelle en faveur de la famille.

Les progressistes en revanche, généralement issus de la gauche, du centre et de la droite complexée, ont bien une doctrine en la matière, mais elle est anti-famille ! Et cela explique que dans la plupart des projets politiques, des propositions et projets de loi, se trouvent des mesures qui vont à l’encontre du respect de l’homme et de la femme, de la maternité et de la paternité, de l’enfant, et donc, plus largement, de la famille.

Pour revenir aux élus qui ne sont pas progressistes, qui pourraient être nos alliés, l’absence d’une culture de la famille les rend en fait incapables de voir les risques et de s’y opposer. Ils voient les enjeux en silos, sans faire le lien entre eux. Et donc, n’ayant pas de vision globale de la famille et de la société, ils n’ont aucune ambition ni initiative dans le sens du bien commun. Cette culture de la famille, sa mise en valeur, est essentielle et urgente, et c’est aussi le motif de ce changement de nom.

Le Syndicat de la Famille vient également du constat que la famille française se défait. Pire, la famille ne se « fait » même plus, comme en atteste la baisse importante du nombre de mariages et celle de la natalité. Et logiquement, la solitude, la délinquance, les violences, les addictions, ne cessent de croître. Or cela vient, notamment, de la crise de la famille que traverse notre société.

Il y a vraiment beaucoup à faire, vous le voyez, aussi bien pour s’opposer à ce qui est inacceptable que pour proposer une vision globale respectueuse de l’anthropologie, de la famille, et par conséquent du bien commun.

En avril 2015, LMPT devenait un parti politique pour des raisons financières. Le fait de devenir un syndicat change-t-il quelque chose ?

Le Syndicat de la Famille, comme d’autres syndicats (étudiants par exemple), n’est pas un syndicat professionnel. Il n’est pas lié à telle ou telle secteur d’activité économique (métallurgie, rail, enseignement…). Dans ce cas, il n’y a pas de statut juridique type. Un syndicat non professionnel est juridiquement une association, dont la particularité est la proposition faite au public qui le souhaite d’en devenir membre. Nos statuts évoluent donc dans ce sens et nous proposons désormais de se syndiquer. Mais cela ne nous empêche pas de rester une association de type groupement politique et ce, pour les mêmes raisons qu’en 2015.

Du côté des actions, qu’est-ce qui va changer ?

En ce qui concerne les actions, elles restent toutes possibles, et même souhaitables dès lors qu’elles peuvent être efficaces. Et bien sûr, un syndicat lance aussi des manifestations lorsqu’il l’estime nécessaire. Nous ne nous en priverons pas, nous savons faire !

De manière générale, un syndicat défend, alerte, dénonce, revendique, informe et forme, fédère, milite, dialogue, communique, intervient dans les médias, etc. C’est ce que nous ferons et, justement, c’est ce qu’énonce explicitement ce nouveau nom de « Syndicat de la Famille ». Il s’agit ainsi d’être plus explicite, plus efficace, et de défendre, en s’opposant, mais aussi en proposant. Ce deuxième volet sera sans doute plus visible qu’avant.

Et bien sûr, le Syndicat agira aussi au niveau international, notamment auprès de l’ONU puisque nous conservons le statut d’organe consultatif auprès de l’ONU.

Quelles sont les différences avec d’autres structures en faveur de la famille, comme l’UNAF, les AFC, … ?

Les associations familiales, comme les AFC (associations familiales catholiques) que vous citez, ont un rôle très important, en particulier parce qu’elles représentent les familles au sein des institutions : au niveau local, elles font partie des UDAF (union départementale des associations familiales) et, à ce titre, des Centres communaux d’action sociale, des CAF, des CPAM par exemple. Au niveau national, elles font partie de l’UNAF (union nationale des associations familiales) et, par suite, du CESE, de la CNAF et d’autres organismes nationaux. En cela, les associations familiales sont irremplaçables.

Cependant, l’UNAF a intégré des associations homoparentales, comme elle comptait déjà, depuis longtemps, des associations familiales progressistes. Cela signifie qu’elle ne peut pas défendre ce qui fonde et constitue la famille !

Le Syndicat de la Famille n’a pas vocation à rejoindre l’UNAF. Il reste libre et indépendant. Il est ainsi complémentaire des associations familiales, dont certaines font un travail remarquable et ce, dans le contexte parfois difficile des UDAF et de l’UNAF.

Pour optimiser l’efficacité de la défense de la famille, le mieux est donc d’adhérer à une association familiale bien choisie ET de devenir membre du Syndicat de la famille ! www.lesyndicatdelafamille.fr

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