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Culture

Emmanuel Macron vu par Brigitte : Tchao Manu

Emmanuel Macron vu par Brigitte : Tchao Manu

«Quand tu liras cette lettre, j’aurai quitté l’Élysée et tourné à tout jamais le dos aux murs feutrés qui abritaient, depuis notre arrivée au Palais, le drame bourgeois nous tenant lieu de quotidien. A 72 ans, je n’ai plus envie de jouer les maitresses d’école. Je ne suis plus ton professeur de théâtre, tu n’es plus mon élève chéri. »

Depuis sa quinzième année, elle ne l’a plus quitté. Elle l’a d’abord initié à la comédie, puis l’a assisté dans sa quête du pouvoir, financier et politique, avant de l’accompagner à l’Élysée. Pour avoir partagé pendant 33 ans sa vie, elle est celle qui le connait le mieux, de sa part d’ombre à ses brillantes fulgurances. Au moment où 2 Français sur 3 souhaitent le départ du Président de la République, Tchao Manu emprunte, dans cette lettre-fiction, la plume mordante de la Première Dame pour dresser un bilan accablant de 8 années de macronisme. TCHAO MANU est une lettre-fiction de plus de 100 pages, signée Aphrodite, qui agace l’Élysée. Elle quitte l’Élysée et s’en explique…

Tout y passe : son ego démesuré, son narcissisme surdimensionné, son mépris de la France et des Français, sa déloyauté, son absence de convictions et de vision politique, ses amitiés délétères et ses reniements. Après l’avoir adulé, elle a décidé, à son tour, de le rayer de son existence et elle nous dit, avec une férocité toute féminine, pourquoi.

Mais quel auteur impertinent se cache derrière le pseudonyme d’Aphrodite, la déesse grecque de l’amour ? Une romancière de talent ? Un politique blessé par la désinvolture manifestée à son égard par Emmanuel Macron ? Une journaliste facétieuse ? Peu importe la réponse. L’important est que cette petite pochade politique sonne juste et donne à s’amuser.

L’auteur revisite les deux quinquennats catastrophiques de Macron, agrémenté de citations toutes authentiques. En voici un extrait sur l’avortement :

Mais derrière ce comportement exemplaire et tes déclarations de façade, il y a toujours eu chez toi une profonde aversion pour le modèle familial naturel fait « d’un papa et d’une maman » comme le scandaient, à pleins poumons, en 2010, dans les rues de Paris, des centaines de milliers de marcheurs de la Manif pour tous. Pour toi, cette famille traditionnelle, parfaitement obsolète, est un concept désuet, une résurgence anachronique d’un passé à effacer. Place désormais aux nouvelles formes de parentalité – famille recomposée, mariage homosexuel, monoparentalité, PMA ; des changements de paradigmes dont tu t’es fait le défenseur acharné. […]

Au moment de désigner dans le gouvernement Attal une Ministre de (ou des) Famille(s) – son titre a fluctué avec les vents dominants –, tu as choisi Sarah El Hairy, la députée Modem de Loire–Atlantique connue, avant tout, pour son homosexualité et son recours à la PMA pour devenir mère, et retoqué – pour lui succéder – en raison de « son profil conservateur », Laurence Garnier, la sénatrice du même département qui , à contrario, s’est toujours opposée, par convictions personnelles au mariage homosexuel, à l’interdiction des traitements de conversion et à l’inscription dans la Constitution du droit l’avortement. A l’heure de se justifier, il est vrai qu’elle s’en est tirée par une pirouette : « Nos concitoyens attendent du gouvernement qu’il s’occupe de redresser notre pays, plutôt que de problèmes qui n’existent pas ».

Ce sont ces mêmes calculs électoraux – au moment où tes électeurs de gauche défilaient dans la rue pour dénoncer ta désastreuse réforme des retraites – qui t’ont conduit à faire inscrire dans la Constitution « le droit à l’avortement ». Aucune menace véritable ne pèse, en France, sur ce droit intime, entré dans les mœurs et auquel personne ne s’oppose ; à commencer par Marine Le Pen qui y a toujours été favorable. Comme l’a souligné Gérard Larcher, le Président du Sénat dont on ne peut mettre en doute son attachement aux libertés fondamentales, tu as été déterrer un péril inexistant en vue d’amadouer socialistes et féministes : « L’IVG n’est pas menacée dans notre pays. Si elle était menacée, croyez–moi, je me battrais pour qu’elle soit maintenue. Mais je pense que la Constitution n’est pas un catalogue de droits sociaux et sociétaux (…) La première préoccupation qui est la mienne, c’est les conditions dans lesquelles on pratique l’interruption volontaire de grossesse », avant de rappeler « la fermeture, en plus de dix ans, de 130 centres consacrés à l’IVG ». Pour avoir vécu trente ans à tes côtés, je connais tes convictions, tes motivations et tes manipulations. Une fois encore, tu as ressorti de ton « sac à malices » le péril de l’extrême droite haineuse qui menacerait la liberté d’avorter, en espérant avec cette manœuvre grossière te réconcilier avec ton électorat de gauche. Il est vrai que tu lui dois beaucoup : par peur de la « bête immonde », il t’a élu deux fois, avant de te honnir car il ne supportait plus ton arrogance, ton nombrilisme, tes trahisons à répétition et tes tergiversations libérales. Dans ce monde planétaire uniforme où ne nous sommes plus que des avatars anonymes égarés dans le magma de réseaux sociaux, le petit village (ou le quartier) qui nous a vu naitre reste notre dernier refuge avec son église, sa mairie, son école, sa gendarmerie, sa poste et sa maternité, son bon docteur et son vétérinaire bougon, son centre–ville avec ses rues commerçantes.

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