Lundi, le Saint-Père Léon XIV a reçu en audience trois communautés monastiques bénédictines : la communauté monastique de l’abbaye Sainte-Scholastique de Subiaco ; la communauté monastique de l’abbaye Santa Maria del Monte de Cesena ; et les moniales bénédictines de l’abbaye Sainte-Scholastique de Bari. Extrait de son discours :
[…] Saint Benoît, au chapitre IV de la Règle , nous exhorte, en indiquant ce que sont les « instruments des bonnes œuvres », à « veiller sans cesse sur les actions de notre vie » (48). Vous, moniales et moines bénédictins contemplatifs, savez combien la prière et la lecture priante de la Parole de Dieu, en particulier la Lectio divina, contribuent à cette vigilance, permettant à ceux qui les pratiquent de comprendre la vérité sur eux-mêmes, de reconnaître leurs faiblesses et leurs péchés, et de célébrer les grâces et les bénédictions du Seigneur. C’est ainsi que se fortifie en nous le désir de lui appartenir et que se confirme notre vœu de consécration. Que l’Écriture soit donc toujours « nourriture pour votre contemplation et votre vie quotidienne, afin que vous puissiez partager cette expérience transformatrice » (François, Constitution apostolique Vultum Dei quaerere , 19).
Le chemin de sanctification d’une personne consacrée, d’une religieuse, si riche soit-il de ferveur et d’inspiration, ne saurait se réduire à un simple parcours personnel. Il comporte une dimension communautaire essentielle, où la proclamation de la libération pascale prend forme dans le service fraternel, reflet de l’amour universel du Christ pour l’Église et pour l’humanité.
En ce sens, la synodalité, promue par le pape François comme fondamentale pour la vie de l’Église, se traduit, au monastère, par la pratique quotidienne du cheminement commun : l’écoute mutuelle, le discernement communautaire sous la conduite de l’Esprit Saint, la communion avec l’Église locale et la famille bénédictine. Elle se manifeste dans l’assemblée fraternelle, la prière commune et les décisions partagées, où autorité et obéissance s’unissent dans le dialogue, pour chercher ensemble la volonté de Dieu. La vie monastique ne saurait se réduire à un simple repli sur soi. Elle est un instrument pour faire naître dans le cœur des disciples un amour semblable à celui du Maître, un amour prêt à partager et à aider, même entre monastères. Ainsi, dans un monde souvent marqué par le repli sur soi et l’individualisme, la vie monastique sera de plus en plus un modèle pour tout le peuple de Dieu, nous rappelant qu’être missionnaire, avant même d’agir, requiert une manière d’être et de vivre les relations.
Il convient ici d’évoquer un aspect particulier du travail missionnaire cloîtré : l’intercession, par laquelle la Parole, faite prière, nous unit au Christ Médiateur, qui intercède pour nous (cf. He 7, 25). Intercéder est le privilège des cœurs qui battent à l’unisson avec la miséricorde de Dieu (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 2635 ), prêts à recueillir et à présenter au Seigneur les joies et les peines, les espoirs et les angoisses des hommes d’aujourd’hui et de tous les temps (cf. Concile œcuménique Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes , 1), et c’est là un aspect primordial et fondamental de l’œuvre qui vous est confiée.
Anne, la prophétesse, en est un exemple. « Elle ne quittait jamais le temple, mais y servait Dieu nuit et jour, par le jeûne et la prière » ( Lc 2, 37) . Veuve et désormais âgée, elle avait fait de la maison de Dieu sa demeure. La prière et l’ascèse l’ont conduite à reconnaître le Messie dans l’enfant pauvre et anonyme présenté par Marie et Joseph : elles lui ont permis de saisir, au cœur de l’histoire, l’intervention divine et d’en faire une annonce prophétique de joie et d’espérance pour tout le peuple d’Israël. […]
