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Culture

Harry de Villoutreys, Compagnons de la Libération, tué suite aux manoeuvres anglaises au Levant

Harry de Villoutreys, Compagnons de la Libération, tué suite aux manoeuvres anglaises au Levant

Christophe Carichon, historien et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (Université de Brest), biographe d’Arnaud Beltrame, officier supérieur de la réserve opérationnelle de l’armée de terre, vient de publier une biographie de Harry de Villoutreys : le Compagnon du Levant, un des trente premiers Compagnons de la Libération du général de Gaulle et l’un des très rares officiers de cavalerie à rallier les Forces françaises libres.

Des Basses Vallées angevines au désert marocain, du Levant à l’Érythrée, de la Libye à la Syrie, jusqu’à sa fin tragique le 17 juin 1945 à Idlib, l’auteur nous retrace l’épopée de cet officier, qui avait échoué au concours de l’école de Saint-Cyr, mais qui contourna les obstacles pour devenir officier français eu Proche-Orient. Le dimanche 30 juin 1940, le 1er escadron du 1er régiment de spahis marocains quitta son bivouac au sud du Liban. Au bout de trois quarts d’heure de marche, l’escadron parvient à un carrefour. Le chemin de droite mène vers le Liban français ; le chemin de gauche conduit vers la Palestine britannique. Le capitaine Paul Jourdier, commandant l’escadron, se tourne alors vers ses hommes et leur dit : « Voici les deux chemins, le bon et le mauvais, que ceux qui ne renoncent pas à se battre me suivent, je ne me retournerai pas et je les compterai ce soir. À cheval. » Au côté de son capitaine, le lieutenant Harry de Villoutreys de Brignac, a fait le choix de continuer le combat coûte que coûte dans un combat fratricide entre Français.

Après la guerre, à l’heure de la réconciliation, le comte de Villoutreys, touché dans sa chair par la mort au combat de son fils, n’a pas hésité à reprendre l’envoyé du général de Gaulle :

[L]l’union des Français est on ne peut plus indispensable en ces temps de Libération et de pré-guerre civile. Quant à l’attitude des Anglais au Levant, ni l’un ni l’autre en effet ne sont dupes et il est terrible, pour le père d’un officier de la France libre qui a rallié les Anglais en Palestine parmi les premiers au grand dam de beaucoup, de savoir que les alliés d’hier ne sont pas étrangers aux troubles qui ont provoqué la mort de son fils.

Au début du mois de juillet 1945, c’est la débandade au Levant. Les troupes spéciales désertent en masse, les casernes françaises sont occupées par les troupes britanniques et les gendarmes syriens. Le drapeau aux trois bandes verte, blanche et noire accompagné de trois étoiles rouges a remplacé les trois couleurs. Quelques mois sont encore nécessaires pour plier bagage et le 17 avril 1946, les derniers soldats français quittent le Levant après un quart de siècle de présence, abandonnant une grande partie de leurs amis fidèles des troupes spéciales et leurs morts.

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