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France : Politique en France

Il faut sortir de cette « malédiction française » qui veut que la droite soit toujours condamnée à n’être qu’une « ancienne gauche »

Il faut sortir de cette « malédiction française » qui veut que la droite soit toujours condamnée à n’être qu’une « ancienne gauche »

L’Incorrect publie une longue tribune de Jacques Bompard défendant la candidature d’Eric Zemmour en 2022. Au-delà de ses arguments pour soutenir l’idée de cette candidature, Jacques Bompard offre une analyse très pertinente du paysage politique français et en particulier de la droite. N’oublions pas, non plus, qu’une candidature d’Eric Zemmour, pourrait paradoxalement aider Marine Le Pen à gagner tout en la faisant revenir plus à droite.

L’intégrale de la tribune, dont voici des extraits significatifs, est à lire sur le site de l’Incorrect :

(…) Entre 13 et 17 %, en concurrence avec les trios de tête régulièrement testés (…) devant toutes les candidatures de la gauche et de l’extrême-gauche. Car c’est aussi là un enseignement de ces sondages que de révéler l’humeur profonde d’un pays en phase avec le sens des réalités (…) Cette France ne veut pas vivre dans le cauchemar du « vivre-ensemble » (…) Pendant que caméras et micros du service public sont braqués sur les Traoré et Camélia Jordana, il demeure cette France invisible, ignorée, méprisée, à qui le Système désigne comme seul échappatoire le Rassemblement national, soit un parti normalisé composé d’apparatchiks alimentaires sans formation politique solide, jouisseurs et donc faibles.

Résultat, le jeu démocratique se ferme sur une dialectique progressisme/populisme dans laquelle la seconde alternative est volontairement représentée par une formation médiocre et docile afin de détourner l’électeur. Le RN est au populisme ce que Les Verts sont au progressisme : une caricature de lui-même dont la capacité de séduction doit toujours demeurer en-deçà de sa force de dissuasion électorale. Il ne reste alors pour les Français que la résignation ou la fuite en avant par l’abstention, laquelle n’entame pas la légitimité d’un Système qui a verrouillé le droit à son avantage.

La force de l’hypothèse Zemmour réside justement dans la possibilité de rendre le pouvoir de leurs voix à ces 70% de Français qui ne voient dans l’urne que déception, trahison et vanité (…)

Autre raison de croire en l’hypothèse Zemmour : le champ de ruines des droites sur l’échiquier politique. Cette droite en mal de chef qui espérait le retour de Sarko comme celui du Messie, et qui se retrouve le nez dans le caniveau du fait des ennuis judiciaires de l’ancien président. En effet, des indiscrétions savamment fuitées laissent entendre que Nicolas Sarkozy serait prêt à soutenir Emmanuel Macron en échange d’une indulgence des juges. « Après les juppéistes, ce serait donc au tour des sarkozystes de rejoindre le camp macronien. LR en mourra et ceux qui ne veulent pas de Macron devront se trouver un autre champion », affirme avec justesse Eric Zemmour lui-même (…). Prisonniers de leur incapacité à incarner une droite de combat face à Macron qui occupe les positions du centre libéral, les LR ne représentent aucune alternative. Le RN ne profite pas de l’aubaine, et navigue à vue entre la tentation de tout abandonner pour une respectabilité illusoire et un positionnement économique, social et sociétal désormais à gauche. Pire, sur les questions essentielles des frontières et de l’islamisme, le message est brouillé par des déclarations favorables à l’Espace Schengen et complaisantes envers l’islam. Cette absence de cohérence déstabilise les derniers électeurs motivés, et laisse le champ libre au surgissement d’une nouvelle figure.

Cette surprise ne doit pas en être vraiment une. Il faut qu’elle soit attendue et comme désirée, car nous n’aimons que ce que nous connaissons. Cet homme à la fois neuf et médiatique ne peut-être qu’Eric Zemmour. Un profil hors parti et même hors politique qui ajoute les vertus de courage et d’intelligence nécessaires à la réussite d’une telle entreprise (…)

A ceux qui craignent qu’une candidature d’Eric Zemmour divise le camp national, je leur retourne une simple question : quels sont ceux qui s’en offusquent ? (…) Il suffit de se pencher sur le CV des inquiets, et qu’y voyons-nous ? Non pas la marque des hommes libres, mais celle d’une défense corporatiste et d’intérêts si fragiles que la moindre idée en dehors de la boutique leur fait craindre de les perdre… Décidément non, on ne redresse pas un pays avec quelques affidés qui doivent certainement tout à la marque, mais qui en ont oublié l’esprit de service et l’ascèse que réclame le combat pour le Bien commun. Cela n’empêche pas la permanence d’hommes de valeur dans le parti de la Reine, mais ce ne sont pas ceux qu’on entend sur le sujet.

C’est le vide monopolisateur qui maintient faussement le RN en respiration artificielle, mais l’empêche aussi de gagner en émulation et de provoquer les remises en cause salutaires. Ironiquement, Marine Le Pen n’est forte que de sa solitude et c’est là aussi sa profonde faiblesse. Car, comme l’a souvent rappelé Robert Ménard, Marine Le Pen ne pourra jamais gagner seule (…)

Comme Eric Zemmour, je pense donc qu’il faut sortir de cette « malédiction française » qui veut que la droite soit toujours condamnée à n’être qu’une « ancienne gauche » alors même que le pays n’a jamais été autant en phase avec les revendications et les analyses de la droite du réel. Il n’y a qu’à voir les enquêtes d’opinion sur le travail, sur l’immigration, sur la place de l’islam en France, sur la nécessité de la lutte contre les fraudes fiscales et sociales, ou sur le sentiment enraciné de déclassement des classes moyennes et populaires. A l’instar du diagnostic révélé par la colère des Gilets Jaunes, jamais le fossé n’a été aussi grand entre les aspirations du peuple de France et sa représentation nationale, laquelle enferrée dans ses barrières idéologiques est incapable de comprendre et de répondre aux attentes de celui-ci.

La nécessité de porter Eric Zemmour jusqu’à la candidature demeure donc entière, et n’a jamais été aussi proche d’aboutir tant des milliers de personnes espèrent déjà en lui. C’est là notre première bataille. Continuons le combat jusqu’à la victoire !

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10 commentaires

  1. j’aimerai comprendre

  2. Dans notre régime républicain, taillé sur mesure pour la Gauche, il ne peut y avoir qu’une droite contre-révolutionnaire et anti-parlementaire, sinon elle n’est qu’un faire-valoir et une opposition alibi…

  3. Vous avez raison sur le fond, mais le peuple, gavé de deux cents ans de propagande révolutionnaire, n’est pas prêt. Il n’appellera au roi que quand il mourra de faim dans les rues, privé de travail et dépouillé de sa maison, ayant perdu la moitié de sa famille à cause du vaccin. Nous n’y sommes pas tout à fait, mais patience, on y vient, hélas…

  4. On ne saurait mieux dire, Duport. Comme toujours !

  5. Vrai. Le Prince François est mort en 1984 et le Prince Alphonse duc d’Anjou, en janvier 89. Cinq ans seulement, mais cinq années denses tout de même…Et depuis, le Prince Louis a eu le temps de mûrir tout ça. D’ailleurs ses discours sont plus royaux qu’avant. Mais n’oublions pas : « la fonction crée l’organe », et si le Bon Dieu décide de l’installer sur le trône de nos rois, ce sera pour qu’il redresse une pauvre France en loques. Donc, il sera à la hauteur, lui ou un autre désigné par Dieu lui-même…de toute façon, vu la probabilité que cela se produise, nous serons dans une période incroyable !

  6. un roi ??? les belges en ont un, qui me semble être bien politiquement correct, jusqu’à cracher sur son arrière grand père léopold, odieux colonialiste, odieux raciste, odieux sexiste, peut être pro lgbt pourquoi pas!

    • S’il vient un roi en France, ce ne sera pas un démocrate, à la belge ou à l’anglaise. Ce sera un vrai roi. En France pas de milieu possible. Macron, peut-être Mélenchon ou Jadot, pire, toujours pire, encore pire. Et à la fin, quand tout sera détruit et irrécupérable et que le désespoir sera partout, le Roi. Saint Louis, pas Juan Carlos !

  7. mais arrêtez !
    zemmour est un brillant polémiste, écrivain, journaliste
    pas un politique ! et il le sait !

    • Certes, mais avec ses idées il ne peut être pire que Macron ! Il suffirait qu’il s’entoure de personnes capables et formées. Cela dit personnellement je suis persuadée qu’on va s’enfoncer toujours plus dans le communisme (vert probablement) et le satanisme triomphant. Jusqu’à ce que Dieu nous prenne en pitié et nos envoie une Jeanne d’Arc et un Saint Louis.

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