Paradoxalement, Benoît-et-moi avoue avoir fait connaissance de l'oeuvre magistrale du français Jean Ousset, Pour qu'il règne, par l'intermédiaire du journaliste italien Massimo Introvigne. Ce dernier évoque notamment dans son article les trois degrés ou catégories du naturalisme qui s'opposent à la royauté sociale de Jésus-Christ:
"Le naturalisme de la première catégorie « nie jusqu'à l'existence du surnaturel, […] l'exclut ouvertement en le considérant comme une folie, une absurdité, ou au moins une chose qui, si elle existe, est inconnaissable».
Celui de la deuxième catégorie «à la rigueur, ne nie pas l'existence du surnaturel, mais refuse d'en reconnaître la primauté»: le surnaturel existe, mais l'homme cultivé, supérieur, et «philosophe» est capable de faire sans, ou du moins peut ne pas se lier au surnaturel tel que présenté par une religion particulière, dès lors que ses outils philosophiques – ou l'«ésotérisme» – lui permettent de saisir le fonds commun de tout.
Enfin, le naturalisme de la troisième catégorie reconnaît l'existence et en théorie même la primauté du surnaturel, mais il pense que c'est une «matière optionnelle» dont, dans le contexte de la société moderne, en particulier dans les domaines politique et social, on peut légitimement ne pas tenir compte, évitant ainsi les divisions et les controverses qui seraient essentiellement nuisibles."
Voici comment il précise le naturalisme de la 3e catégorie :
"Au naturalisme de la troisième catégorie correspondent «nos propres abandons et notre complicité» : la foi timide, le langage équivoque, le compromis qui se déguise en prudence, les collaborations ambiguës."