Avec l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure pénale en janvier 2026, le régime taliban structure le contrôle social par des règles contraignantes qui définissent les rôles, les hiérarchies et les limites concrètes de la vie quotidienne. La loi établit qui exerce l’autorité, qui est tenu d’obéir et quelles marges d’autonomie sont accordées. Les épouses sont juridiquement soumises à l’autorité de leurs maris, et la subordination des femmes devient une condition de droit réglementée et reconnue. La persécution fondée sur le genre et la stratification sociale se consolident ainsi comme éléments structurels de l’ordre public.
Le cœur du système est l’article 9, qui divise officiellement la société en quatre classes : les oulémas, les élites (ashraf), la classe moyenne et les classes populaires. Le statut social détermine le traitement judiciaire. La peine infligée dépend du statut de l’accusé, et non de la gravité de l’infraction. Pour un comportement similaire, un ouléma reçoit un simple avertissement, tandis qu’un membre des classes populaires risque la détention ou des châtiments corporels.
Le Code introduit également une distinction juridique entre personnes « libres » et « esclaves », considérées comme des conditions légales permises et réglementées. La privation de liberté est ainsi reconnue comme un état à part entière.
Pour les femmes, le Code instaure un système de contrôle total. La catégorie de « femme sous tutelle » définit un statut permanent. Les déplacements, l’éducation et la présence dans l’espace public sont soumis à l’autorisation d’un homme. L’article 34 réglemente la mobilité et prévoit qu’une femme peut être emprisonnée jusqu’à trois mois si elle demeure au domicile familial sans l’autorisation de son mari ou sans motif conforme à la charia. Si la famille ne la ramène pas à son mari, ses membres sont poursuivis et encourent la même peine. Cette disposition assimile de fait les femmes mariées à la propriété de leur mari, les privant de la possibilité de choisir leur lieu de résidence ou de se réfugier en cas de conflit conjugal.
L’article 32 réglemente les violences conjugales et prévoit une peine maximale de quinze jours d’emprisonnement pour un mari qui frappe sa femme avec une « force excessive », définie de manière restrictive comme des fractures, des blessures ou des ecchymoses visibles, à condition que les violences soient prouvées devant un tribunal. Paradoxalement, l’article 70 établit que toute personne organisant ou facilitant des combats d’animaux peut être condamnée à une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq mois.
De plus, le rôle des juges et des gardiens de la morale est renforcé. L’application des règles s’adapte au contexte et permet des interventions continues sur les comportements individuels.
