""C’est sans doute une faiblesse, mais moi, je n’ai jamais été de gauche, mais j’aime la justice […]." (Nicolas Sarkozy à New York, 23 septembre 2008.)
Si les mots ont un sens, sous ce style débridé, cela revient à classer la soif de justice à gauche, avec cette circonstance aggravante que ce serait comme une “faiblesse” pour le pur homme de droite de venir la partager ! C’est faire vraiment un grand honneur public à la plus vieille des “idées toutes faites” médiatisées par la gauche pour discréditer ses adversaires aux yeux de l’opinion. […]
Rétributive ou distributive, la justice a un fondement objectif étranger aux mirages des idéologies: elle consiste à rendre à chacun selon ce qui lui est dû, à mille lieues de ce que pratiquent aujourd’hui les partisans sans foi ni loi du grand pocker menteur de la financiarisation, mais aussi les tenants de l’utopie égalitariste revendiquée depuis plus de deux siècles par les héritiers de la Révolution française.
C’est une idée distributive de gauche – la “discrimination positive” – qui a ouvert la voie aux commerciaux des banques américaines pour dynamiter les fondamentaux de l’accession à la propriété et poser les bases de la crise des subprimes. C’est la riposte rétributive d’un gouvernement de droite qui répond aujourd’hui en étatisant les pertes, ce qui revient dans le système américain à faire porter au monde entier le poids de cette gigantesque dette qui n’aura profité qu’à quelques-uns."
Qu’est-ce que la justice ? Réponse.