A l’approche de la Marche pour la vie, nous avons interrogé le Dr Geneviève Bourgeois, médecin Gériatre et porte parole de la Marche pour la vie :
Que propose la Marche pour la vie face aux deux propositions de loi sur la fin de vie et les soins palliatifs ?
La première grande loi sur la fin de vie a été la Loi Leonetti de 2005. Celle-ci a bien structuré les soins palliatifs : équilibrant la relation médecins – patients et donnant leur très juste place aux soins palliatifs entre acharnement thérapeutique et euthanasie, 2 voies qui étaient et qui sont toujours, sans issue. Depuis cette loi, tous les rapports parus ont révélé que l’accès aux soins palliatifs était insuffisant et que les soignants manquaient de formation. Les lois qui se succèdent depuis n’améliorent en rien ce constat mais vont toujours plus loin vers la mort administrée.
La Marche pour la vie rappelle que la voie juste est toujours celle des soins palliatifs, faite de soulagement et d’accompagnement. Ainsi, face à ces nouvelles propositions de loi, les amendements qui mettraient des soi-disant gardes fous (qui sauteront indéniablement ), ne seraient pas cohérents avec notre message. La Marche pour la vie propose donc de ne conserver que les éléments qui vont dans le sens du développement des soins palliatifs avec des nouvelles unités spécialisées dans tous les départements dépourvus et des formations pour les soignants ainsi que l’information du grand public sur les soins palliatifs pour en faciliter l’accès.
Plus largement, que pensent les médecins de ces deux propositions de loi ?
Les médecins sont très mal à l’aise. Certains, font des compromis éthiques pour tenter de se persuader qu’ils pourraient suivre cette loi.
D’autres sont effarés de l’évolution de leur métier. Et certains sont prêts à rendre la blouse.
Rappelons le sondage des soignants de soins palliatifs en 2023 par la SFAP. 98% des soignants refusaient que l’euthanasie puisse être considérée comme un soin et seuls 2% se disaient prêts à faire un tel geste.
L’euthanasie est incompatible avec notre serment d’Hippocrate.
Que des législateurs dans leur hémicycle nous imposent l’euthanasie et le suicide assisté accentue encore la perte de sens pour les soignants qui démissionnent déjà à tour de bras devant la répétition de mesures insensées depuis 5 ans. Des centaines de lits d’hôpitaux, y compris de soins palliatifs continuent à être fermés, les effectifs à être réduits et les conditions à se dégrader. Les autorités font tout pour limiter l’accès et la qualité des soins sous couvert d’économies, puis montent en totem les situations complexes et les souffrances réfractaires pour justifier la mort sur ordonnance. C’est profondément injuste, les patients ont besoin de soins et on leur propose la mort. Les médecins ont besoin de retrouver confiance dans le système de santé et ont leur impose la coercition.
En raison de l’actualité législative, la Marche pour la vie 2026 ne sera-t-elle consacrée qu’autour du thème de la fin de vie ?
Non bien sûr. La Marche pour la vie sera consacrée à toutes les attaques contre la Vie, car en début ou en fin de vie, la Vie est toujours fragile et digne d’être défendue. Depuis les années 70 on voit les attaques en début et en fin de vie avancer parallèlement, avec les mêmes arguments, simplement décalées. Aujourd’hui les ennemis de la vie veulent rattraper le chemin mortifère déjà parcouru en début de vie : on enlève déjà les garde fous, on fragilise la clause de conscience et on introduit déjà un délit d’entrave… La Marche pour la vie continue à défendre la vie de sa conception à sa fin naturelle.
