Suite aux critiques de Donald Trump contre le pape (je remarque en passant que depuis ces critiques, tout le monde soutient désormais le pape, y compris les gauchistes et les anti-cléricaux…), le vice-président américain JD Vance, qui est catholique, a également critiqué Léon XIV :
«De la même façon qu’il est important pour le vice-président des États-Unis de faire attention quand je parle de sujets de politiques publiques, je pense qu’il est très, très important pour le pape de faire attention quand il parle de sujets de théologie». «J’ai beaucoup de respect pour le pape. Je l’apprécie, je l’admire. J’ai pu le connaître un petit peu.» “Oui, je pense que, dans certains cas, il vaudrait mieux que le Vatican s’en tienne aux questions morales, à ce qu’il se passe au sein de l’Église catholique et laisse le président des États-Unis se charger de définir la politique publique américaine”
Réponse d’un prêtre catholique :
“Quand le Pape dit : « Dieu n’est pas du côté de ceux qui manient l’épée » (Matthieu 26:52), il ne nie pas la tradition de la “guerre juste” de l’Église. Il nous appelle à revenir au cœur du Christ. Dans Matthieu 26:52, Jésus dit : « Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » Il nous enseigne aussi à aimer non seulement nos amis, mais nos ennemis (Matthieu 5:44), à refuser la riposte (Matthieu 5:39), et finalement, Il se soumet à la Croix sans violence. Cela montre une direction claire : le Royaume de Dieu ne se construit pas par la force. Comme Il le dit : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Matthieu 5:9). Le Christ ne présente pas la violence comme quelque chose qui reflète la nature de Dieu. Il se laisse tuer plutôt que de se défendre par la force. C’est là le cœur du message de l’Église.
Qu’est-ce que la théorie de la guerre juste ? La théorie de la guerre juste a été développée principalement par saint Augustin et affinée plus tard par saint Thomas d’Aquin. Ce n’est pas une justification de la violence, mais un cadre moral strict destiné à la limiter. Elle accepte que, dans un monde déchu, l’usage de la force puisse parfois être toléré, mais seulement sous des conditions graves. Il doit y avoir
1/ une cause juste, comme la défense de la vie innocente ou la résistance à une grave injustice. Elle doit être déclarée par
2/ une autorité légitime.
3/ L’intention doit être droite, non motivée par la vengeance, la haine ou la conquête, mais par le désir de restaurer la justice et la paix.
4/ La guerre doit vraiment être le dernier recours, après que toutes les options pacifiques sérieuses ont été épuisées.
5/ Il doit y avoir une réelle probabilité de succès, afin que des vies ne soient pas gaspillées dans un conflit sans espoir.
6/ La réponse doit être proportionnée, ce qui signifie que le mal causé ne doit pas être plus grand que le mal combattu.
7/ Et même en temps de guerre, les civils et les non-combattants ne doivent jamais être délibérément visés.
Même avec toutes ces conditions, l’Église ne dit jamais que Dieu soutient la guerre. Au plus, elle dit que la responsabilité morale peut, dans des circonstances très limitées, tolérer l’usage de la force pour prévenir un mal plus grand. La paix reste l’objectif. La violence n’est jamais l’idéal.
Ce que je trouve difficile dans la réponse de Vance, c’est le ton envers le Pape. Cela donne l’impression qu’il essaie de corriger un langage théologique, comme si le Pape n’offrait qu’une opinion parmi d’autres. Mais le rôle du Pape est précisément de s’exprimer sur les questions morales et théologiques, surtout quand elles touchent à des enjeux réels comme la guerre et le pouvoir. À un niveau plus profond, cela ressemble à un choc entre le raisonnement politique et la logique de l’Évangile. Le Christ est la norme, pas la stratégie politique, pas le précédent historique. Tout doit être mesuré à son aune. Donc oui, l’Église a lutté avec la réalité de la guerre. Mais cela n’affaiblit pas le point du Pape. Si quoi que ce soit, cela le rend plus nécessaire. Dans un monde qui ne cesse de trouver des moyens de justifier la violence, l’Église doit continuer à pointer vers le Christ, qui n’a pas conquis par l’épée, mais par la Croix”
Fr. James A. Faith-Chat Platform
