Pierre de Meuse, docteur en droit, a enseigné dans une école supérieure de management et à la faculté de philosophie de l’Institut catholique de Toulouse. Il enseigne aujourd’hui bénévolement dans une institution privée religieuse. Il a déjà publié un ouvrage sur les Idées et doctrines de la Contre-Révolution, et un autre sur le dogme de l’antiracisme. Il vient de publier La dialectique antiraciste face à la pensée de Charles Maurras.
A première vue évoquer Charles Maurras et l’antiracisme est un tantinet anachronique : Maurras est mort en 1952, alors que la doxa antiraciste est un phénomène né après les traumatismes de la deuxième guerre mondiale ayant pris son essor dans les années 1970-80. Dans aucun de ses écrits, Maurras ne prophétise l’évolution que nous subissons aujourd’hui, à savoir une irruption massive de populations étrangères déferlant par millions sur le territoire français, sans réaction efficace des forces vives du pays. L’auteur convoque cet auteur disparu sur une question très actuelle, afin d’alimenter la nécessaire critique de la vulgate antiraciste qui a depuis soixante ans directement favorisé cette pénétration de peuples étrangers. D’abord parce que l’hypothèse du grand remplacement est désormais un sujet brûlant, malgré les dénégations de la gauche, qui diffuse une angoisse lancinante : l’angor patriæ, et qui nous pousse à regarder en face la fin possible de notre pays et de sa destinée plus que millénaire. Ensuite parce que l’auteur en question est, en France du moins, le penseur qui a effectué la critique la plus complète de la démocratie idéologique, avec une expression claire et élégante, en se référant aux données que les sciences sociales de son temps lui apportaient. Il a, de plus, complété sa critique en affirmant avec courage les principes qu’il pensait être la voie du salut public de la France et même de l’Europe.
Contre ceux qui osent remettre en cause le dogme de l’immigration heureuse, restreindre le droit des clandestins et inviter les étrangers à rentrer dans leur pays, nos élites gauchistes (que l’on trouve parfois dans des partis dits de droite) s’échinent à invoquer les sacro-saintes valeurs de la République, valeurs tant difficile à définir. Pourtant, Charles Maurras, cité par Pierre de Meuse, écrivait en 1910 :
Si l’on me demandait de définir d’un mot l’esprit républicain, je répondrais sans hésiter : c’est la haine et le mépris profond du peuple français.
Et l’auteur commente :
Il y a là une réelle profondeur au-delà de l’aspect polémique du propos. Un peuple, ce ne sont pas au premier chef des idées, des valeurs, mais des moeurs, une mémoire, des intérêts collectifs, un cousinage, une fierté commune. Que dirait-il aujourd’hui ?
Et plus loin, l’auteur souligne que l’antiracisme, utilisé pour dissoudre le peuple français, n’est que le conséquence de la Déclaration des droits de l’homme :
la pensée maurrassienne s’oppose frontalement au dogme commun à l’antiracisme et à la démocratie idéologique. Il est en effet admis dans les sociétés “démocratiques” et modernes que la loi ne peut déterminer les droits d’une personne en référence à ce qu’elle est, mais seulement à ce qu’elle fait. C’est précisément ce dogme auquel Maurras son salut public, qui prime évidemment les droits de l’individu ainsi proclamé. Et il conclut son article en ces termes :
Qui dit Loi française ou Etat français doit donc vouloir dire : institutions destinées à assurer tantôt cette défense contre les étrangers, tantôt leur assimilation.”
