Le cardinal Oswald Gracias, archevêque émérite de Bombay, a été pendant près de vingt ans l’une des voix les plus influentes d’Asie au sein de l’Église universelle. Créé cardinal par le pape Benoît XVI en 2007, il a été archevêque de Bombay de 2006 jusqu’à sa retraite début 2025. Auparavant, il avait occupé des fonctions importantes, notamment la présidence de la Conférence des évêques catholiques d’Inde et de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie. Son Éminence a également été membre du Conseil des cardinaux institué par le pape François.
Dans un entretien avec AdVaticanum, le cardinal Gracias évoque la place de la messe traditionnelle :
La messe traditionnelle en latin (l’ancienne forme du rite romain) continue d’attirer des communautés ferventes, notamment parmi les jeunes, dans de nombreuses régions du monde. Sous le pontificat actuel, on observe des signes d’une plus grande ouverture à sa célébration. Quel est votre propre avis sur la place de la messe traditionnelle en latin dans la vie de l’Église aujourd’hui ?
J’avais autorisé la messe traditionnelle en latin dans trois églises de l’archidiocèse de Bombay. Je n’ai pas constaté d’augmentation du nombre de fidèles assistant à ces messes. Ma difficulté résidait dans le manque de prêtres maîtrisant suffisamment le latin pour pouvoir célébrer la messe avec ferveur. J’ai rencontré des laïcs qui estimaient sincèrement pouvoir mieux prier avec ce rite. Je ne serais pas favorable à l’interdiction de sa diffusion, à condition que cela ne constitue pas un rejet du concile Vatican II. L’approche actuelle, caractérisée par une plus grande ouverture à cette célébration, est louable.
Plus généralement, comment comprenez-vous la relation entre la fidélité à la réforme liturgique du concile Vatican II, le désir légitime de continuité avec la tradition liturgique antérieure de l’Église et la nécessité d’une véritable participation active des fidèles ?
Les trois éléments mentionnés dans votre question – la réforme du Concile Vatican II, le désir légitime de continuité avec la tradition liturgique de l’Église et la nécessité d’une participation active et authentique des fidèles – sont importants et doivent être préservés. La difficulté survient lorsqu’un de ces éléments prend le pas sur les autres. Il est essentiel de promouvoir un juste équilibre entre eux. Le Concile Vatican II a cherché à garantir une meilleure participation active des fidèles sans pour autant transiger sur les principes liturgiques fondamentaux. Nous devons suivre cette voie. […]
