La révision de la traduction allemande du Missel fera place à un langage « inclusif », les évêques des pays germanophones ayant mis en garde contre l’emploi d’« images de Dieu fortement masculines ».
Une consultation, ouverte jusqu’en juin 2027, a été lancée au sujet de la révision de la traduction du Missel utilisé pour le Novus Ordo dans les pays germanophones. Les propositions, accompagnées de leur justification, sont recueillies auprès d’« experts et de personnes engagées dans la pastorale ».
Deux tentatives ont déjà été faites. Une révision a été entreprise dans les années 1990. Cependant, ce projet a dû être abandonné suite à la publication, en 2001, de l’instruction de traduction du Vatican « Liturgiam authenticam », qui exigeait un respect strict du texte latin original. Sur cette base, une seconde tentative a été entreprise, cette fois-ci plus fidèle au latin. Toutefois, une fois cette nouvelle traduction achevée, les évêques du monde germanophone ont refusé de l’approuver, n’étant pas convaincus de sa réelle supériorité par rapport à la version existante. Entre-temps, le pape François a modifié les principes de traduction romains avec le motu proprio « Magnum principium ». Depuis, les conférences épiscopales ont de nouveau assumé la responsabilité principale des traductions.
Le père Marius Linnenborn, directeur de l’Institut liturgique allemand, a accordé un entretien à katholisch.de dans lequel il explique que le nouveau missel se veut explicitement plus « inclusif ». :
« Bien sûr, là où l’on écrit aujourd’hui seulement “frères”, on ajoutera aussi “sœurs”. De manière générale, le langage se doit d’être aussi inclusif que possible. Nous serons également attentifs aux représentations de Dieu fortement dominées par le personnage masculin. »
Enfin l’expression « pro multis » dans la consécration est aujourd’hui en allemand traduite par « für alle » (« pour tous »), là où la traduction française donne « pour la multitude ». Benoît XVI avait explicitement demandé aux évêques allemands en 2012 de corriger ce « pour tous » en « pour beaucoup ». Selon le père Linnenborn, une telle modification n’est pas envisagée, et la formule « pour tous » restera. Le cardinal Roche réagira-t-il ? Ou en resterons nous à des rappels sans suite sur le respect de la liturgie, sur le modèle de Desiderio bla-bla-bla ?
Pour entrer en vigueur, la nouvelle version du Missel devra être approuvée par le Dicastère pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements.
