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L'Eglise : Vie de l'Eglise

Le problème de la liturgie et pourquoi la liturgie ne devrait pas être un problème

Le problème de la liturgie et pourquoi la liturgie ne devrait pas être un problème

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Au début de l’année 2026, une grande attente entourait le consistoire convoqué par le pape Léon XIV. Parmi les différents points proposés à la discussion figurait celui de la liturgie. Finalement, la liturgie n’a pas été abordée, mais l’attention de beaucoup se portait précisément sur cette question.
Pourquoi tant de personnes perçoivent-elles la question liturgique comme un problème ? La réponse simple est la suivante : parce qu’elle est, en effet, un problème. D’un côté, il y a les tensions avec un monde qui se définit comme « traditionaliste » ; de l’autre, une réforme liturgique qui ne semble pas avoir atteint bon nombre des objectifs fixés par le concile Vatican II et par la Sacrosanctum Concilium. Il est regrettable que la liturgie doive être vécue comme un problème car, lorsqu’elle est bien célébrée, elle ne devrait pas en être un. S’il y avait un véritable respect pour la liturgie et pour les beautés qu’elle est capable de nous révéler, la liturgie serait quelque chose d’apaisant pour notre cœur, et non certainement une source de tensions.
Malheureusement, il existe une grande déséducation à la liturgie, surtout parmi les prêtres. Il m’arrive de parler avec des prêtres après des liturgies dont j’ai assuré la partie musicale, et il n’est pas rare qu’ils se montrent surpris qu’un musicien prête autant d’attention non seulement à la musique, mais aussi au rite lui-même. Mais cela ne devrait-il pas être normal ? Malheureusement, ce ne l’est pas. Et il est étrange de constater que, pour les prêtres eux-mêmes, le respect de la liturgie pour ce qu’elle est constitue une source d’étonnement.
Hélas, après des décennies d’engagement dans la musique sacrée, je dois constater une réalité profondément triste : la liturgie n’est pas aimée. Si la liturgie était aimée, on ne verrait pas les spectacles indignes qui affligent trop de nos paroisses, où la messe devient une occasion de faire du spectacle. En vieillissant, je deviens de plus en plus intolérant à cette situation et, d’un côté, je suis attristé de devoir vivre une telle période de l’histoire de l’Église. De l’autre, cependant, j’imagine que Dieu a voulu que je vive précisément en ce temps afin de contribuer, malgré mon évidente indignité, à l’édification de son Royaume sur la terre, notamment à travers la liturgie et la musique sacrée. Est-il possible que Dieu se serve d’un pécheur comme moi ? Sainte Teresa de Calcutta disait que Dieu écrit droit sur des lignes courbes. Je ne peux que croire que cela est vrai et qu’Il sait trouver le bien même chez des personnes qui ne sont certes pas exemplaires.
Je me sens comme ces cales placées sous les pieds des tables branlantes : peu agréables à regarder, mais qui, d’une certaine manière, fonctionnent. Et il faut beaucoup de personnes comme moi pour que la liturgie retrouve l’éclat de la beauté qui lui est propre. Il faut l’effort de tous pour que la liturgie cesse d’être un problème et redevienne une nourriture pour nos âmes, à travers des célébrations soignées, des prêtres attentifs au rite, une musique véritablement sacrée et un art profondément spirituel.

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