Dans les prochaines années, fera-t-il -30°C l’hiver à Strasbourg, et la Seine pourrait-elle devenir une vaste patinoire ? Cette hypothèse scientifique circule. L’Amoc, un vaste courant marin dont l’effondrement pourrait entraîner des épisodes de froid très intenses durant la période hivernale dans toute l’Europe, inquiète de plus en plus de scientifiques. Au siècle prochain, des épisodes de froid intenses pourraient s’abattre régulièrement sur le nord de l’Europe.
L’Amoc est l’acronyme anglais qui désigne un vaste système de courant marin profond très puissant qui parcourt l’Atlantique et influence directement le climat de notre continent, l’Europe. Dans l’océan Atlantique, les eaux chaudes de surface remontent du Sud vers le Nord. En passant par les tropiques, elles apportent de la chaleur vers l’Europe. C’est ce qui rend nos hivers plus doux, alors que le nord de notre continent se trouve à la même latitude que le Canada.
Mais l’Amoc ne s’arrête pas là. En remontant encore vers le Nord, ces eaux chaudes se refroidissent et se densifient. Plus lourdes, elles s’enfoncent jusqu’à 4 000 mètres de profondeur et repartent pour un long périple vers le Sud et d’autres océans. Sans cette grande boucle, pas d’Amoc. Et sans Amoc, pas d’hiver doux en Europe.
Le problème, c’est que l’Amoc donnerait des signes de faiblesse. Au nord de l’Atlantique, le réchauffement climatique empêche les eaux chaudes de se refroidir, ce qui entrave leur plongée et ralentit toute la boucle. Selon des scientifiques, l’Amoc pourrait s’effondrer au siècle prochain, jusqu’à tomber à 20 % de sa puissance initiale. Les conséquences seraient dramatiques. En hiver, l’océan gèlerait jusqu’aux rivages de l’Europe. La glace de la banquise pourrait même atteindre les côtes de l’Angleterre et des Pays-Bas.
Et là on apprend que le sort de l’Amoc dépend de nos émissions de gaz à effet de serre et du réchauffement à venir…
