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L'Eglise : Vie de l'Eglise

L’Epiphanie : la source saine du dialogue interreligieux, non pas un tiède dialogue de salon, mais du dialogue qui mène à l’unique Sauveur

Extrait de l'homélie de Dom Hervé Courau, abbé de Triors, en la fête de l'Épiphanie :

Adoration-des-Mages-1"Les Mages viennent de l’Orient, nous apprend S. Mathieu (Mt. 2,1) : la tradition a amplifié le sens de ces trois mots. Elle voit en eux des rois venus des trois continents qui jouxtent la Terre Sainte, celle-ci étant ainsi au carrefour des civilisations les plus anciennes, antérieures même à la culture gréco-latine. Cette tradition qui paraît passablement naïve, relève pourtant d’une intuition très juste : nous pouvons voir en effet dans l’adoration des Mages toutes les cultures et religions se soumettre à Jésus. Par eux, l’humanité entière se courbe ici avec déférence selon ce que prévoyait le psalmiste : le Seigneur règne, les peuples tremblent, le Seigneur règne, toute la terre exulte (Ps. 98 & 96).

Nous tenons là la source saine du dialogue interreligieux. Il ne s’agit pas là d’une attitude facile, d’un tiède dialogue de salon entre opinions qui ne compromet personne, mais au contraire, selon la formule ambitieuse du Bx Paul VI, il s’agit du dialogue du salut, c’est-à-dire le dialogue qui mène à l’unique Sauveur et nous compromet en lui ; voilà l’enjeu que se fixait à ce sujet le Concile, lumen gentium. Il faut préciser cela. Les sagesses venues d’Afrique, d’Asie et du monde indo-européen résument la recherche de toute l’humanité, cahin-caha bien souvent, mais aussi avec des splendeurs de désirs et de grande attente. Toutes, elles ont ici ou là leur noblesse à respecter et même à admirer, surtout en notre temps marqué par un vide culturel redoutable qui donne à ses propres conquêtes techniques une terrible ambiguïté. Mais derrière les Mages, nous voulons voir l’ardent désir de toute l’humanité de voir Dieu, se reposer en Lui, y trouver son appui, jouir ainsi de la paix promise par les anges, enfin adorer Dieu en Jésus avec joie.

Voici donc nos Mages venus de l’Orient, des notables sans doute, puisqu’ils en imposent assez pour mettre en émoi Hérode et tout Jérusalem (Mt. 2,3). Les « trois rois » ne sont donc pas si légendaires que cela. Magi, le mot évoque aussi une recherche un peu ésotérique derrière laquelle se cache souvent l’illusion démoniaque. Mais l’étoile les a purgés de ces troublantes recherches pour les mener à l’Enfant innocent. Avec eux, notre temps n’a pas de plus grande urgence que de reconnaître enfin la douce vérité qui met à genoux. La conviction qu’elle engendre ôte du cœur toute illusion, tout calcul compliqué et complice, toute violence et brutalité. Le Roi de la paix, Rex pacificus, vrai Salomon, règne sur nous comme l’Enfant sur les Mages, sans effort et avec plénitude : Il a dépouillé ses ennemis, écrit S. Paul à ce sujet, il les a données en spectacle à la face du monde dans son cortège triomphal (Col. 2,15).

Ils revinrent chez eux par un autre chemin (Mt. 2,12), un songe dissuadant les Mages de revenir vers Hérode et ses calculs hypocrites. S. Maxime de Turin en déduit ceci : les Mages, grâce à leurs recherches, avaient trouvé qu’à partir de la nativité du Christ, ils n’avaient plus rien à chercher ; aussi l’art de leur magie cessait, puisqu’ils avaient appris n’en avoir plus besoin dorénavant."

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