Le Père Michel Viot, qui fut évêque luthérien de Paris et ancien dignitaire de la GLNF avant de se convertir et de devenir prêtre catholique, a été membre de la pastorale diocésaine des funérailles du diocèse de Paris et prêtre coopérateur à Notre-Dame de Lourdes. Il a publié avec Yohan Picquart, membre de l’Association des écrivains catholiques de langue française, enseignant, diplômé en littérature et en sciences des religions, L’Eglise au risque de la foi, préfacé par le cardinal Müller. L’ouvrage est composé de questions posées par Yohan Picquart, auxquelles répond l’abbé Viot, sur de nombreux sujets d’actualité comme les sacrements, le synode, la CIASE, la laïcité, l’euthanasie, etc. Même si le lecteur ne sera pas toujours d’accord avec les réponses (le problème de la nouvelle messe n’est pas seulement lié à une mauvaise traduction, le manque de définition d’un catholique “intégriste” ou conservateur”…), l’ensemble de l’ouvrage pointe un certain nombre de problèmes qui menacent le catholicisme. Le père Viot et Yohan Picquart appelle l’Église à renouer avec son identité et le dynamisme initial de ses premiers apôtres, loin des nouveaux « Che Guevara » en jeans ou en jupe. Si chacun est légitimement horrifié par les abus dans l’Église, nul n’est tenu pour autant d’adhérer aux extravagances d’une révolution doctrinale dénoncée ici, révolution aux antipodes des questionnements spirituels de nos contemporains.
Bien que ce livre date de 2024, il s’insère aussi dans le débat lancé par l’abbé Barthe sur les sacrements réformés, notamment celui du baptême (mais le père Viot évoque aussi la confirmation, qui devrait être conférée plus tôt, et le sacrement des malades et les obsèques) :
La nouvelle liturgie [du baptême], en abandonnant la forme impérative de l’exorcisme, et n’y ayant recours qu’une seule fois, en affaiblit incontestablement la portée. […] La situation est même parfois plus grave encore : j’ai souvent vu omettre l’usage de l’huile des catéchumènes, effectivement rendu facultatif dans le nouvel ordo liturgique. En fin de compte, on ne sait plus s’il y a eu exorcisme ou non ! Je suis obligé d’en déduire que les réformateurs de la liturgie n’avaient peut-être pas la même doctrine du baptême et des exorcismes que celle qui était exprimée dans la liturgie ancienne. […] La cérémonie du baptême ne se réduit pas à une entrée dans un groupe ou une confrérie : il y a dans la liturgie baptismale un acte souverain de Dieu, une nouvelle naissance qui doit nous arracher à quelque chose de mauvais. […] Et pour mieux saisir son importance, il faut donc mettre en valeur la gravité du péché originel à travers une liturgie qui en rende entièrement compte. En cela, il serait probablement temps d’autoriser largement l’ancienne liturgie […] ou de modifier l’actuelle sur la partie consacrée à l’exorcisme.
