Communiqué de la DRAC du 26 février 2026
La Drac (Droits du Religieux Ancien Combattant) est née en 1924 du refus de voir à nouveau expulser de France les religieux consacrés catholiques qui, ayant été chassés du territoire national par les lois antireligieuses de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, étaient revenus se mettre au service de la patrie lors de la mobilisation de 1914. Moins de six ans après la fin de la guerre, avec l’arrivée au pouvoir du Cartel des gauches, le gouvernement Herriot annonçait, le 2 juin 1924, l’expulsion des congrégations.
C’est pour s’opposer à cette nouvelle mesure de proscription qu’a été créée la Drac, le 2 août 1924. Cette proscription fut alors suspendue et la Drac a dû lutter pour voir transformer cette suspension en statut pleinement légal des religieux, ce qui n’aboutit définitivement qu’à la Libération. Depuis, les religieux ont vécu en paix dans notre pays et la Drac s’est investie dans la formation civique de la jeunesse, dans un esprit chrétien, notamment par une Coupe d’éloquence dont le centenaire a lieu en cette année 2026. Toutefois, certains faits récents conduisent la Drac, consciente de ses engagements originels, à penser que la situation – apaisée depuis 80 ans – des religieuses et religieux catholiques pourrait être à nouveau menacée.
On note d’abord une ambiance de suspicion généralisée entretenue à l’encontre des établissements d’enseignement catholiques, encadrés encore, pour partie, par des congrégations religieuses. La suspicion est lisible dans une partie de la presse, sans lien établi avec des déviances criminelles passées de certains cadres, laïques ou ecclésiastiques, légitimement condamnées par la justice civile et canonique. Sont mis en cause la pratique cultuelle et l’enseignement religieux au sein des établissements, ainsi que les normes morales privées (notamment familiales et affectives) liées à une identité confessionnelle depuis longtemps officiellement reconnue par l’État. Au-delà de son expression médiatique, cette suspicion est manifeste dans le déroulement de certaines inspections administratives récentes, telles qu’elles ont pu être déplorées par le secrétaire général de l’Enseignement catholique.
Ce climat de suspicion se manifeste aussi dans une remise en cause du secret de la confession et du cadre des vœux religieux, considérés comme abdication de la liberté individuelle ou technique d’emprise. Il est possible de voir ici des réminiscences – avouées parfois ouvertement – des théories qui ont inspiré l’abolition des vœux religieux sous la Révolution ou les fermetures d’écoles et les proscriptions sous la Troisième République.
La dernière menace concerne les congrégations hospitalières, particulièrement investies en France, dans l’accueil des personnes âgées les plus fragiles et les plus pauvres ainsi que dans nombre de services de soins palliatifs. Si la loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté était finalement adoptée sans vraie clause de conscience, personnelle ou concernant l’établissement où l’acte létal devrait être pratiqué, les religieux et religieuses qui encadrent ou dirigent cet établissement auraient-ils alors d’autre moyen que celui de le fermer pour rester fidèles à la défense de la vie, au cœur des vœux des chrétiens consacrés ?
Certains responsables de communautés religieuses hospitalières ont déjà évoqué ouvertement le risque de prendre le chemin de l’exil pour offrir leurs services à des pays respectueux du droit absolu à la vie jusqu’à son terme naturel. La Drac appelle à la prise de conscience, à la prière et à la vigilance devant ces menaces nouvelles, dramatiques pour les générations actuelles et à venir, dont l’issue risquerait d’être à nouveau l’exil des religieux et religieuses, qu’elle a pu contribuer à empêcher en 1924.
Comme chaque année, la DRAC organise le concours de la coupe d’éloquence ouvert aux lycéens.
Le sujet de la Coupe du centenaire reprend en partie les termes de celui de la première Coupe d’éloquence, en 1926. Il en reprend surtout le contexte. Il s’agit donc, comme il y a cent ans, à l’époque où les religieux devaient faire face à la pression d’une partie des autorités civiles et administratives, ainsi que de certaines voix de la presse ou de mouvements d’idées, qui étaient toutes extérieures à l’institution ecclésiale, de prendre en compte, pour les attaques « de toutes parts » d’aujourd’hui, uniquement les attaques extérieures à l’Eglise catholique, pour garder le lien avec le contexte de 1926.
