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L'Eglise : Léon XIV

Les visites paroissiales du pape Léon XIV et la crise de la musique liturgique

Les visites paroissiales du pape Léon XIV et la crise de la musique liturgique

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Au cours du Carême 2026 que nous vivons actuellement, le pape Léon XIV a choisi de célébrer la messe dominicale dans plusieurs paroisses de son diocèse de Rome. Pour lui, cela représente une première occasion de visiter certaines réalités locales de l’Église romaine : voir les personnes, rencontrer les communautés paroissiales, les fidèles simples, mais aussi les prêtres et tous ceux qui gravitent autour de la vie paroissiale.
À mon avis, toutefois, la réalité même de la paroisse aujourd’hui doit être repensée. La paroisse avait sans doute tout son sens il y a quelques décennies comme présence religieuse enracinée dans un territoire déterminé. Aujourd’hui, elle semble beaucoup moins efficace, surtout dans des villes comme Rome. Beaucoup de personnes qui vivent dans le territoire paroissial viennent d’ailleurs — souvent même de l’étranger — et n’ont plus cet attachement au quartier qui existait autrefois. Dans le passé, la paroisse constituait spontanément un point de référence pour la population locale. Cette situation a clairement changé.
Pour cette raison, je crois — et je pense ne pas être le seul — que la structure paroissiale doit être revisitée. Il faut redécouvrir l’importance d’une présence religieuse sur le territoire, mais une présence qui soit également adaptée aux réalités de notre temps. Aujourd’hui, beaucoup de personnes préfèrent ne pas fréquenter leur paroisse territoriale, mais choisissent plutôt des églises — parfois même non paroissiales — où elles se sentent plus à l’aise.
Revenant aux visites paroissiales du pape Léon XIV, j’ai écouté certains fragments de ces liturgies. Je n’ai pas jugé nécessaire d’écouter toute la messe, mais j’en ai entendu plusieurs parties. Ce qui ne m’a pas surpris — et je souligne que cela ne m’a vraiment pas surpris — c’est la mauvaise qualité de la musique liturgique exécutée durant ces célébrations.
Je n’ai pas vu toutes les célébrations, mais d’après celles que j’ai pu écouter, on avait presque l’impression de revenir aux années 1970. Ces messes avec guitares et éléments similaires étaient, franchement, assez déprimantes.
Je dis que je n’ai pas été surpris parce que, connaissant la réalité dans laquelle nous vivons, pourquoi devrais-je l’être ? Cependant, il y avait un élément qui aurait pu susciter une certaine surprise.
Quel était cet élément ? Dans le passé, lorsque le pape visitait une église, une basilique, une association — quelle qu’elle soit — on prenait soin de préparer quelque chose de digne pour l’accueillir. Après tout, le Vicaire du Christ et successeur de l’apôtre Pierre est un hôte de marque. Pour un catholique, le pape est le pape. On pourrait dire : nous préparons habituellement notre repas quotidien d’une certaine manière, mais lorsqu’un hôte important arrive, nous préparons quelque chose de spécial.
Or, j’ai remarqué que cet aspect — l’accueil d’un hôte aussi illustre que le pape — ne semble plus faire l’objet d’une attention particulière. On ne considère plus comme important de mettre en valeur le statut de l’invité. Le pape, qui est le chef visible de l’Église catholique, est simplement intégré à la pauvreté ordinaire de la vie paroissiale, comme si cela constituait une marque de respect.
Je ne crois pas que ce soit le cas. Au contraire, je pense que les visites de personnalités importantes comme le pape — ou les cardinaux, les évêques et autres — devraient servir d’occasion pour revoir ce qui se fait dans la paroisse, y compris dans le domaine de la liturgie, afin d’élever un peu le niveau.
Et il y a véritablement un grand besoin d’élever le niveau, surtout aujourd’hui où la situation est si dramatique.
Nous entrons dans des églises où rester en prière devient presque une épreuve, parce que la musique perturbe la prière au lieu de l’aider, comme elle devrait le faire.
Mais ce n’est pas le seul problème. Comme je l’ai déjà dit à de nombreuses reprises, nous sommes aujourd’hui véritablement envahis par un bombardement de sentimentalisme. Ce qui est vraiment triste, c’est que ce bombardement ne provient pas seulement de musiciens laïcs improvisés musiciens d’église. Il provient aussi de prêtres — des prêtres musiciens qui composent ces mélodies excessivement sentimentales.
Ces mélodies ne sont pas au service du bien spirituel des fidèles. Au contraire, comme je l’ai déjà dit en d’autres occasions, elles provoquent une sorte de diabète spirituel. Ce sentimentalisme ne doit pas être confondu avec le sentiment véritable. Il faut se rappeler qu’il existe une grande différence entre sentiment et sentimentalisme.
Aujourd’hui, nous sommes soumis à ce bombardement de sentimentalisme dans la musique liturgique — y compris de la part de prêtres fortement soutenus par certaines hiérarchies catholiques. Pourtant, ce sentimentalisme ne peut pas faire du bien aux fidèles. Il constitue en réalité une dégénérescence du sentiment authentique.
C’est pour cette raison que les visites paroissiales du pape Léon XIV m’ont amené à réfléchir encore plus profondément — sans surprise, comme je l’ai déjà dit — à la situation vraiment médiocre de la musique dans la liturgie.
Bien sûr, je suis romain et je parle donc de ce que je peux expérimenter autour de moi. Mais aujourd’hui, grâce à YouTube, nous pouvons observer des célébrations venant du monde entier. Il existe certainement des liturgies très bien préparées, soignées dans leurs aspects musicaux et rituels. Mais nous voyons aussi, dans de nombreuses parties du monde, ces célébrations médiocres et ce manque de respect pour l’importance et la grande dignité que la liturgie devrait posséder.
Tout cela, si l’on y réfléchit, est souvent fait au nom du Concile Vatican II — alors que, dans la pratique, ce même Concile est grossièrement trahi.

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