L’intelligence artificielle ou l’oubli de l’homme
À la fierté prométhéenne de maîtriser la technique, se substitue son exact opposé : la honte prométhéenne. » écrivait Günther Anders.
L’intelligence artificielle fascine notre époque parce qu’elle promet une forme de puissance pure : rapidité, optimisation, automatisation, dépassement des limites humaines. Mais le véritable danger n’est peut-être pas seulement technique. Il est anthropologique et spirituel.
À travers son encyclique Magnifica Humanitas, le pape Léon XIV rappelle avec force que la technique doit rester au service de l’homme et non l’inverse. Pourtant, la question fondamentale demeure : pourquoi notre civilisation supporte-t-elle de moins en moins la fragilité humaine elle-même ?
À l’heure où certains rêvent d’un homme augmenté, débarrassé de ses limites, la tradition chrétienne rappelle au contraire que la grandeur de l’homme réside aussi dans sa vulnérabilité, son incarnation et sa dépendance aux autres.
Comme le dit magnifiquement l’offertoire traditionnel de la messe :
« Dieu, qui d’une manière admirable avez créé la nature humaine dans sa noblesse, et l’avez restaurée d’une manière plus admirable encore… »
Et si le véritable antidote au technicisme n’était pas seulement de dénoncer les dangers de l’IA, mais de réapprendre à aimer ce qui est profondément humain ?
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