Le fils de l’ancien chah d’Iran et figure de l’opposition en exil, Reza Pahlavi, a exhorté ce samedi 10 janvier les manifestants iraniens à “se préparer à prendre” les centres-villes.
Lu dans Conflits :
Treize jours que l’Iran est encore une fois animé par de grandes manifestations à l’ampleur plus grande encore qu’en 2022. Déclenchées par l’hyperinflation et la dégradation rapide des conditions de vie, le mouvement s’est étendu aux 31 provinces et à plus de 100 villes. À cause de la crise économique, les prix des denrées de première nécessité explosent.
Le trafic internet, notamment mobile, a été coupé, entravant communications et outils de contournement de la censure. La seule fois qu’internet était aussi drastiquement coupé était pendant la guerre des 12 jours avec Israël.
La répression a fait des dizaines de morts selon les ONG, dont des enfants, et plus de 2 000 arrestations. De nombreuses compagnies ont annulé leurs vols vers l’Iran. Bien sûr, les autorités reconnaissent un bilan très inférieur. Manifestations nocturnes, tirs, arrestations et grèves massives ont été signalés, paralysant une partie de l’économie, notamment dans les régions kurdes et les grands centres urbains. Des symboles du régime ont même été ciblés. Plus l’Iran s’enfonce dans la crise, et plus les manifestations révèlent un net rejet du régime. Et l’on peut tirer sur des manifestants, les réprimer, mais on ne peut pas tirer sur l’économie.
Malgré la crise, le régime semble encore bien ancré. La réalité du pouvoir est tenu par les gardiens de la révolution qui assurent la survie des institutions, contrôlent la force armée, l’appareil d’État et l’économie. Peut-être sacrifieront-ils les mollahs et laisser la place à d’autres, pour se maintenir au pouvoir, dans un scénario à l’algérienne.
Donald Trump a fait savoir qu’il agirait si le régime venait à tuer des manifestants. Il y a eu des morts. Accaparés par le Venezuela, les États-Unis prendront-ils le risque de se mêler aux affaires iraniennes plus qu’en bombardant les infrastructures nucléaires ? Avec Israël, ce sont eux les véritables décisionnaires de l’avenir iranien.
Selon Bernard Antony, la dictature des mollahs est sérieusement menacée :
Je regardais hier au soir jeudi à la télévision la retransmission de la mise en charpie par une immense foule de manifestants du plus grand drapeau du régime, disait-on, non pas celui de l’Iran mais celui flottant sur Mashhad, ville de plus de quatre millions d’habitants, la ville de Khamenei, le soi-disant guide suprême de la révolution.
Je renvoie ce jour à ce que j’ai plusieurs fois répété au cours des derniers mois sur différents canaux et que nombre de journaux ont repris : « en Iran, la question n’est plus de savoir si le régime tombera, mais quand ». Car ce n’est pas seulement à Mashhad que la « mollahcratie » vacille ou encore dans les quartiers de Téhéran libérés des gardiens de la révolution, mais désormais dans des dizaines de villes du pays et d’abord les plus importantes après Téhéran et Mashhad : Ispahan, Tabriz, Shiraz, Kachan, Yazd, Kish, Abyaneh, sans oublier Persépolis.
Ce jeudi soir, ce furent d’immenses foules qui déferlèrent dans les rues de ces villes à l’appel du prince Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah. Notons au passage que celui-ci, avant d’être emporté par un cancer, eut certes à se défendre de la subversion islamo-gauchiste de l’ayatollah Khomeini avec les polices dont il disposait qui n’étaient pas toujours formées d’enfants de chœur…
Mais si celles-ci furent coupables à certains moments de dures répressions, le régime du Shah ne fut globalement pas une dictature. Le chiffre des victimes de ses polices n’atteignit pas le centième de celui de l’ayatollah de Neauphle le Château et de ses mollahs. On saura ce vendredi si la mobilisation des partisans de Reza Pahlavi va se confirmer alors que tout le réseau internet a été coupé dans le pays.
Ce que l’on a appris en revanche, c’est la déclaration de Poutine annonçant qu’il était prêt à accueillir en Russie les chefs du régime. Ces derniers rejoindraient ainsi à Moscou le triste dictateur alaouite Bachar el Assad.
