D’Henry Renoul pour Le Salon beige :
Il existe encore en France, érigées sur des places publiques, deux statues de Louis XVI, qui, bien qu’elles aient été parfois vandalisées, voire abattues, sont toujours visibles et même protégées par les Monuments historiques. De plus leurs histoires sont intimement liées.
Celle de Nantes est très connue. Elle est Installée en haut d’une colonne sur une place que les Nantais appellent toujours, place Louis XVI ! La décision de cette érection avait été prise avant la Révolution mais ne fut pas exécutée. On cachât même la statue déjà sculptée jusqu’au retour de la monarchie légitime après la chute de l’Empire. C’est à ce moment que les promoteurs de cette nouvelle installation s’inquiétèrent de la petite taille de la statue, qu’on ne verrait pas en haut de sa colonne. Il fut décider d’en commander une plus grande. Que faire de l’autre ? Au nom de Louis XVIII, le préfet de Loire-Inférieure fut chargé du dossier.
Il y avait dans le Pays Nantais une paroisse s’était particulièrement distinguée pendant les Guerres de Vendée. Les gâs du Loroux avaient été surnommés les « grenadiers de Charette », notamment lors de la fameuse bataille de Torfou, et étaient craints des soldats républicains. Turreau lui-même le rappelle dans ses mémoires. Et ses Colonnes infernales ravagèrent ce pays en mars 1794 en pillant, violant et tuant des centaines de Lorousains, dont le célèbre André Ripoche, le martyr de la croix qu’il défendait. L’un de leurs officiers, Honoré-Aymé Renoul, était élu au Loroux-Bottereau et plaida la cause de sa commune. Et la statue trouva sa place devant l’église de l’époque sur un socle qui porte toujours les inscriptions gravées :
« Je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que mon sang ne retombe pas sur la France ». « En souvenir de toute la Vendée martyre, héroïque et fidèle. O vous que nous commémorons, gardez chez vos fils la foi, l’union, la pays ». « A la mémoire des 4500 Lorousains tombés ainsi que le Roi pour la religion, pour la France ».
Le 27 août 1988, entre le millénaire capétien et la commémoration de 1789, Alphonse de Bourbon, Ainé des Capétiens y déposait une gerbe de lys blancs.
Cette attention portée par les autorités à cette commune du Loroux-Bottereau fut confirmée par le roi Charles X qui lui offrit une peinture de Saint Jean-Baptiste, patron de la paroisse, réinstallée dans la nouvelle église construite sous le mandat d’Aymé-Simon Renoul sous le Second Empire. La dédicace y figure toujours :
« A la paroisse du Loroux, pour sa vaillance et son martyre durant la Grande Guerre de Vendée, Charles X Roi de France a donné ce tableau ».
En 1942, pour le 150ième anniversaire de l’assassinat du Roi, le docteur Renoul créait le Comité Louis XVI pour restaurer la statue. Honoré Renoul, toujours élu en 1830, remis évidemment sa démission lors de l’usurpation et l’instauration par Louis-Philippe d’Orléans de la Monarchie de Juillet.
Et c’est à nouveau un descendant la famille Renoul qui menait ce 21 janvier 2026, un groupe de marcheurs, de Nantes au Loroux-Bottereau, marche renouvelée tous les ans en mémoire du Roi-martyr !

La statue du Roi Louis XVI à Nantes

La statue du Roi Louis XVI au Loroux-Bottereau
Dernière nouvelle : les Insoumis, candidats aux municipales de Nantes et futurs alliés du PS, annoncent le retrait de la statue nantaise de Louis XVI et le remplacement par une Marianne, s’ils gagnent les élections !
