Le 1er tour des élections municipales s’est déroulé avec une participation estimée à 56%, soit le chiffre le plus faible depuis 1945 pour ce type de scrutin si l’on excepte 2020 où ces élections se déroulaient en pleine crise de Covid-19.
Vous pouvez retrouver les résultats de votre commune directement sur le site du Ministère de l’Intérieur.
Dans les trois plus grandes villes de France – Paris, Lyon, Marseille – pour la première fois les électeurs pouvaient voter pour élire directement leur maire.
- A Paris, le gauchiste Emmanuel GREGOIRE arrive largement en tête en tête avec environ 36,4 %, devant la liste conduite par Rachida DATI qui obtient 24,8 %. Mme Sophia CHIKIROU LFI crée la surprise avec quelque 13 % devant M. Pierre-Yves BOURNAZEL soutenu par Horizons et Renaissance 11 % % et la candidate de Reconquête, Mme Sarah KNAFO qui peut se maintenir. Pour le second tour, Rachida Dati a annoncé une alliance avec Pierre-Yves Bournazel, mais sans Sarah Knafo, qui va donc certainement se maintenir.
- A Marseille, le maire socialiste sortant Benoît PAYAN arrive en tête avec 36,8 %, devant la liste du RN de Franck ALLISIO 34 %. La liste de la LR Martine VASSAL soutenue par Horizons et Renaissance ne recueille que 13 %, mais elle se maintient au second. Le député LFI Sébastien DELOGU avec 11 % fait figure de faiseur de roi alors que la victoire du RN dans la seconde ville de France serait un séisme politique.
- A Lyon, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel AULAS soutenu par LR, Renaissance, Horizons, et MoDem, est au coude à coude avec le maire sortant écologiste Gregory
DOUCET soutenu par le PS, le PC autour de 37 %. DOUCET fera alliance avec la candidate LFI Anaïs BELOUASSA-CHERIFI en troisième position avec 10 %.
Le parti Renaissance est peu présent dans ces élections : le parti présidentiel n’a jamais réussi son ancrage local.
Horizons, formation qui s’est présentée comme le “parti des maires” et compte quelques 600 maires et 2300 élus locaux, visait de conserver Le Havre pour conforter Edouard PHILIPPE dans sa stature de présidentiable. Avec 43,8% il est bien parti pour le second tour.
Pour le MoDem, il est essentiel de conserver Pau où François BAYROU briguait un troisième mandat. Il arrive en tête avec 40 % devant le candidat de gauche 36 % et le RN à 16%.
Pour les Républicains, Bruno RETAILLEAU espérait une vague bleue qui permettrait à LR de revenir à la tête de grandes villes. Mais les résultats du 1er tour à Paris et Lyon sont très en deçà de ses attentes. A Nîmes, où le maire sortant M. FOURNIER ne se représentait pas, la droite s’est divisée entre M. Franck PROUST (LR, Horizons) avec 19,5% et M. Julien PLANTIER (Renaissance, MoDem) avec 15,5%. C’est l’eurodéputé RN Julien SANCHEZ et le communiste Vincent BOUGET qui sont arrivés en tête et sont au coude à coude avec environ 30 %.
Le président de LR Bruno RETAILLEAU a appelé dimanche soir au rassemblement
“des électeurs de droite derrière nos candidats qui sont en mesure de battre la gauche ou le Rassemblement national dimanche prochain”.
Pour le second tour, il a réitéré la consigne de vote qu’il répète depuis le début de la campagne : “pas une voix pour LFI”, élargissant sa consigne aux
“socialistes, écologistes ou communistes qui se sont alliés avec l’extrême gauche au premier tour ou qui vont s’allier (avec elle) cette semaine entre les deux tours”.
Côté PS, le problème est le rassemblement des voix de gauche au second tour et notamment les voix de LFI. Le PS n’a cessé d’affirmer qu’il n’y aurait pas d’accord national avec ce parti (PS et LFI ont néanmoins fait liste commune dans une soixantaine de villes). Mais cela n’exclut pas des arrangements locaux, justifiés généralement par le danger d’une victoire du RN.
Chez LFI, la stratégie islamo-gauchiste fonctionne, comme à Roubaix (46%) ou Saint-Denis. L’enjeu pour LFI est d’augmenter le nombre d’élus locaux, relai important pour la présidentielle, et faire son entrée au Sénat où LFI est absente. LFI est en position d’arbitre à Marseille ou Nantes. De quoi durcir les négociations qui vont se dérouler avec le PS. Dans de nombreuses grandes villes, les listes LFI se situent entre 10 et 15 % et sont dès lors les indispensables faiseurs de rois ou les fossoyeurs de la gauche. PS et écologistes n’excluent pas un accord au cas par cas avec LFI pour conserver des mairies importantes. Mais tel n’est pas le calcul de M. MELENCHON dont le seul but est l’élection présidentielle et qu’une défaite de la gauche aux municipales ne gênerait en rien.
S’il est puissant dans les scrutins nationaux, le RN était resté faible dans les scrutins municipaux. Afin de renforcer son maillage local, il a présenté avec son allié UDR quelque 600 listes. Laure LAVALETTE est arrivée en tête à Toulon avec environ 40 % mais est talonnée par Mme Josée MASSI (divers droite) autour de 30 %, le sénateur LR Michel BONNUS ayant 16 %. M. Louis ALIOT a été réélu à Perpignan de même que M. David RACHLINE à Fréjus. Comme pour LFI, l’enjeu de ces municipales est aussi d’augmenter le nombre de ses élus locaux et de renforcer sa représentation sénatoriale.
Du côté des candidats indépendants, Robert Ménard a été réélu à Béziers (65,6%), Nicolas Dupont-Aignan aussi à Yerres avec près de 80% et Jacques Bompard arrive en tête à Orange avec 32,9% devant le RN à 28,1%
