Nicolas Sarkozy a tracé hier les lignes de la politique qu’il entend mener sur l’immigration. "Il faut choisir les flux migratoires, et non pas les subir", a-t-il dit, soulignant que moins de 5% des immigrés légaux viennent au titre du travail. Ce sont en effet les chiffres officiels : 95% des immigrés réguliers viennent pour ne pas travailler, soit en 2003 129200 sur 136000. Donc, "il faut un meilleur équilibre entre l’immigration de travail et l’immigration de droit. Nous devons attirer des travailleurs qualifiés, des créateurs d’entreprises, des chercheurs, des professeurs d’université, par un système de points à la canadienne."
On remarquera que Sarkozy ne fait aucune proposition pour limiter ce qu’il appelle l’immigration de droit : il demande seulement l’application des lois existantes. L’équilibre dont il parle suppose donc une forte augmentation de l’immigration légale. C’est du reste ce qu’implique sa proposition de "fixer chaque année, catégorie par catégorie, le nombre des personnes admises à s’installer sur notre sol". En effet, ce système de quotas (appelons les choses par leur nom) n’a aucun sens lorsque moins de 7.000 personnes sont concernées.
Dans son discours de politique générale, Villepin n’a défini aucun moyen sérieux pour lutter contre le chômage. Pourquoi? Parce que tous les grands axes sont définis à Bruxelles (par la Commission) et à Francfort (par la BCE), et non à Paris. Et parce que la Commission européenne a pour dessein de mettre en œuvre une "immigration de peuplement".
Nicolas Sarkozy avait affirmé qu’il ne voulait pas qu’il y ait "des sujets prétendument tabous dans la vie politique française". S’il le pense vraiment, qu’il replace ce débat au niveau européen !