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France : Politique en France

Notre argent se perd, détruit par la bureaucratie, l’idéologie, le gaspillage, les gabegies

Notre argent se perd, détruit par la bureaucratie, l’idéologie, le gaspillage, les gabegies

Alors que Sarah Knafo publie «Le Casse du siècle» chez Fayard, elle est interrogée dans le JDD. Extrait :

[…] Ce livre a un personnage principal. Il s’appelle Nicolas. C’est un salarié au salaire médian : il gagne 2 079 euros net par mois, et la moitié des Français gagne moins que lui. Son employeur lui verse 3 922 euros. Entre les deux, la moitié a disparu avant que Nicolas ait vu la couleur de son argent. Sur une carrière, un salarié à 2 000 euros net donne plus d’un million d’euros à l’administration. Vous avez bien lu. Et c’est sans compter la TVA sur tous ses achats, ses taxes locales, l’accise sur son carburant, l’alcool, le tabac. Plus d’un million d’euros ! De quoi acheter une maison comptant, au bord de la mer. Au lieu de cela, en échange de son million d’euros, il obtient un État qui se fait pirater ses données fiscales, n’équipe pas ses hôpitaux en climatisation, ne parvient plus à éteindre ses feux de forêt, ne tient plus ses frontières… Je peux continuer longtemps.

Vous avez été magistrate à la Cour des comptes. Quel chiffre résume, à lui seul, l’ampleur du « casse » ?

Savez-vous que nous dépensons aujourd’hui 234 milliards d’euros de plus qu’en 2020, l’année du Covid et du « quoi qu’il en coûte » ? Sans crise sanitaire, sans confinement, sans chômage partiel. Le plus stupéfiant : le total de ce que nous avons gaspillé depuis des années, et qui se chiffre en milliers de milliards d’euros, n’existe dans aucun bilan comptable de l’État.

Dire qu’il est incalculable n’est pas une image, il n’a jamais été calculé par personne. C’est le crime parfait, celui dont l’étendue est un mystère pour les coupables eux-mêmes. Ce n’est d’ailleurs pas la seule chose que nous ne sachions pas calculer. Saviez-vous que même Bercy est incapable de dire combien la France compte d’impôts ? Le gouvernement l’a écrit noir sur blanc en réponse à un sénateur : il n’existe aucun dénombrement centralisé et exhaustif des impôts et taxes en vigueur. Un pays qui ne sait même plus combien il a d’impôts en a forcément trop.

Où cet argent se perd-il concrètement ?

Ils le détruisent ! J’ai suivi l’argent poste par poste, dans la santé, dans la police, à l’école. Je montre comment il se perd en route, détruit par la bureaucratie, l’idéologie, le gaspillage, les gabegies, que je chiffre une à une. Je définis un principe simple : si l’État trouve les moyens de dépenser votre argent là où vous ne recevez aucun service, à l’étranger par exemple, c’est que vous payez trop d’impôts.

Que dire du nombre de fonctionnaires ?

La fonction publique comptait 4,6 millions d’agents en 1997, elle en compte 5,9 millions aujourd’hui : 1,3 million de plus en trente ans, quand la population n’a augmenté que de 15 %. Vos services publics se sont-ils améliorés ? Non, bien au contraire. Le nombre de fonctionnaires a souvent augmenté sans le moindre rapport avec le service rendu. Depuis 1980, le nombre d’agriculteurs a été divisé par trois pendant que les effectifs du ministère de l’Agriculture doublaient. L’industrie est passée de 22 % de la richesse française en 1980 à moins de 10 % aujourd’hui, mais nous avons augmenté le nombre d’inspecteurs du travail de 50 %. La liste est encore longue. Je m’engage à ce qu’aucun lecteur n’en sorte sans avoir appris quelque chose de fondamental, mais aussi sans savoir comment nous en sortir. […]

Vous critiquez le RN sur l’immigration comme sur l’économie. Sur quoi la rupture est-elle la plus profonde ?

Ils sont tout de même contre l’immigration négative, peu vigoureux sur la lutte contre l’islamisation du pays, sur la protection des libertés numériques, et le programme de Marine Le Pen prévoit d’octroyer des aides aux étrangers au bout de cinq ans sur notre sol. Au RN, la préférence nationale expire au bout de cinq ans ! Quant à l’économie, regardons ce qu’ils votent : 34 milliards d’euros d’imposition votés lors du dernier budget, de nouvelles taxes créées main dans la main avec La France insoumise, contre les Français de l’étranger, les détenteurs d’actions ou de contrats d’assurance vie. Bref, tout ce qui bouge, on le taxe ! Et la retraite à 60 ans, confirmée cette semaine devant le Medef. C’était la proposition n° 82 du programme de François Mitterrand en 1981 ! Le programme économique du RN, nous l’avons déjà essayé. Non merci, ça fait même quarante-cinq ans qu’on essaie ! Et je le dis avec du regret : je préférerais que ces débats nous opposent à la gauche. Mais nous ne sommes même pas encore au début de la campagne : nous ne pouvons pas nous contenter de « mieux que rien ». Notre peuple mérite ce qu’il y a de meilleur. […]

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