Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker juge :
"Je ne crois pas que le traité [de Lisbonne] sera en place en juin, lorsque se tiendront les prochaines élections. Pour le faire entrer en vigueur en juin 2009, le traité devrait avoir été ratifié par tous les pays avant la fin février. Ce n’est pas réaliste de penser que cela est possible. Donc je dirais que le traité entrera en vigueur plutôt vers le 1er janvier 2010".
Le problème, c’est que ce n’est pas non plus réaliste car ce n’est pas légal : l’Irlande a rejeté ce traité, qui est donc caduc, le traité européen ne pouvant entrer en vigueur qu’à partir du moment où il a été ratifié à l’unanimité. Mais M. Juncker souhaite comme tous les européistes que l’Irlande annule et recommence, ce qui n’est pas aussi simple :
"Etant donné la crise économique à laquelle nous sommes confrontés, étant donné que la confiance manque et que les gouvernements sont de plus en plus impopulaires à travers l’Europe, organiser un référendum sur le traité européen serait dangereux".
Un deuxième refus ferait drôlement mal. Mais M. Juncker n’en à que faire : il faut créer les conditions favorables à un vote ‘oui’, refaire voter les Irlandais et mettre en vigueur Lisbonne. Devant un tel mépris des peuples, pourquoi ne pas mettre en vigueur Lisbonne tout de suite et maintenant ?! Quitte à s’affranchir de certaines règles, autant s’en affranchir carrément.