L’abbé Anzlem Fejes, de l’abbaye norbertine d’Oradea, en Roumanie, a appelé le département d’État américain, ainsi que les membres du Sénat et de la Chambre des représentants américains, à faire pression sur la communauté internationale pour empêcher la suppression de son abbaye vieille de 900 ans par la ville d’Oradea, suite à une décision de justice ordonnant son expulsion de sa propre abbaye, malgré les protections constitutionnelles prévues par le droit roumain.
Le 29 janvier 2026, le tribunal de district d’Oradea a statué contre l’abbé Anzelm Fejes dans une affaire d’expulsion intentée par la ville d’Oradea, qui cherchait à expulser l’abbé de sa propre abbaye afin de s’emparer de la propriété sous le prétexte de rénover le complexe monastique, qui se trouve à proximité d’un bâtiment scolaire appartenant à l’État.
Le tribunal a ordonné l’expulsion et l’a déclarée immédiatement exécutoire. Les autorités municipales ont programmé son expulsion pour le lundi 23 février à 10h00 à Oradea.
Les autorités locales ont reporté l’expulsion après qu’une foule de fidèles catholiques se soit rassemblée devant l’abbaye pour le protéger et le soutenir, malgré la pluie. À l’heure initialement prévue pour l’expulsion, l’abbé s’est tenu ouvertement sur les marches de l’église, vêtu de l’habit blanc de l’ordre norbertin et portant sa croix pectorale abbatiale. Bien que la police fût présente, elle a refusé de l’arrêter. Des vidéos et des photos de la scène ont circulé en ligne.
La décision a été rendue malgré la reconnaissance par la Cour elle-même de l’existence de contestations constitutionnelles légitimes auxquelles il convient de répondre. Selon le droit roumain, une église et un monastère en activité sont des lieux sacrés qui ne peuvent être transférés ni saisis par l’État, étant considérés comme extra-commercium en raison de leur usage et de leur finalité religieux.
L’abbaye norbertine d’Oradea entretient des liens historiques avec l’Église catholique aux États-Unis. L’actuelle abbaye norbertine américaine Saint-Michel, située à Orange, en Californie, trouve ses origines dans l’abbaye d’Oradea en Roumanie. Les fondateurs de l’abbaye Saint-Michel ont fui l’oppression communiste en Hongrie dans les années 1950, transposant la vie norbertine de l’abbaye de Csorna, en Hongrie, elle-même fondée plusieurs siècles auparavant par l’abbaye d’Oradea en Roumanie.
L’expulsion est tentée par des manœuvres détournées, un brouillage administratif illégal des adresses de propriétés adjacentes, et une tentative de « transfert » municipal et clérical de la propriété de l’abbaye norbertine à la ville d’Oradea sans aucun changement légal de titre de propriété, laquelle appartient à l’ordre norbertin sans interruption depuis les années 1100, une propriété reconnue même par le régime communiste qui a gouverné la Roumanie après la Seconde Guerre mondiale.
Dans un article du 27 janvier publié par le média local roumain Zianews, Valer Marian, un Roumain orthodoxe, ancien procureur, sénateur parlementaire roumain et préfet du comté voisin d’Oradea, a affirmé que la saisie de l’abbaye d’Oradea était la dernière tentative de l’ancien maire d’Oradea, aujourd’hui Premier ministre roumain, Ilie Bolojan, franc-maçon notoire, d’opprimer l’Église catholique.
Selon Marian, Bolojan est « un franc-maçon établi depuis plus de trente ans ». D’après le rapport de Marian, depuis le début du mandat de Bolojan comme maire d’Oradea en 2009, la ville, par le biais de son registre foncier, a procédé à plusieurs « transferts » administratifs illégaux de biens de l’abbaye à la ville sans acte légal de transfert de propriété, privant ainsi la communauté monastique de son patrimoine protégé par la Constitution.
A Oradea, le lobby maçonnique est très puissant, et la presse roumaine a rapporté à plusieurs reprises que des figures clés à l’origine de cette expulsion appartiennent à ce cercle.
Un recours a été déposé devant la Cour européenne des droits de l’homme afin d’obtenir des mesures conservatoires dans l’attente de la décision de la Cour constitutionnelle roumaine. L’abbé Fejes a également appelé la communauté internationale à exercer des pressions, notamment de la part des États-Unis, qui ont déjà dénoncé les persécutions religieuses actuelles en Europe.
