On propose au malade deux portes : souffrir ou mourir. Mais la troisième porte, celle qui dit « soulager », on l’a murée. On l’a condamnée, si l’on ose ce verbe. Vingt et un départements sans unité de soins palliatifs. La moitié des patients éligibles qui n’y accèdent jamais. La loi Claeys-Leonetti, qui permet déjà la sédation profonde et continue, inappliquée faute de moyens. La quasi-totalité des souffrances physiques réfractaires pourrait être apaisée. On le sait. On le documente. On détourne le regard. Puis on offre la mort comme on offre un ventilateur à un homme dont on a muré les fenêtres, en lui expliquant qu’il a la liberté de choisir entre étouffer et se jeter dans le vide.
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