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Valeurs chrétiennes : Education

Sous la pression d’une caste d’experts, on a abandonné la mission première de l’école : instruire, lire, écrire, calculer et penser

Sous la pression d’une caste d’experts, on a abandonné la mission première de l’école : instruire, lire, écrire, calculer et penser

Michel Valadier, fondateur de l’école Saint-Dominique, au Pecq, et directeur de la Fondation pour l’école, a été interrogé dans France catholique à propos de la crise lycéenne. Extrait :

[…] On a trompé les enfants comme les parents. Les élèves paient le prix d’expérimentations pédagogiques hasardeuses mises en place il y a plusieurs décennies. Sous la pression d’une caste d’experts et d’universitaires, on a progressivement abandonné la mission première de l’école : instruire, c’est-à-dire apprendre à lire, écrire, calculer et penser. Dans l’apprentissage de la lecture, on a privilégié des méthodes globales ou semi-globales, jugées plus intuitives et plus ludiques, au détriment de la méthode syllabique. La logique du collège unique a contribué à déconsidérer les filières techniques et professionnelles : on a fait du lycée général l’horizon souhaitable pour tous, comme s’il n’existait qu’une seule manière de réussir. Pour permettre à chacun de suivre, on a réduit les exigences. Parallèlement, l’école a multiplié les interventions sur des sujets de société. La transmission des savoirs a perdu sa place centrale. L’enseignement supérieur en subit les conséquences. On encourage des jeunes à poursuivre de longues études sans leur donner une perspective professionnelle à la hauteur de leurs espérances. 28 % des étudiants français sortent de l’université avec un master. Or, leur premier employeur, c’est la grande distribution : après cinq ans d’études, ils occupent des emplois de caristes ou de caissiers… Il faut cesser de considérer les métiers techniques comme des voies de second rang. En Suisse, 15 % seulement d’une classe d’âge a le baccalauréat. Ce n’est pas un pays du tiers-monde !

Quelles réformes vous semblent-elles indispensables ?

Il faut d’abord corriger les erreurs du passé : privilégier la méthode syllabique ; sortir de la logique du collège unique pour proposer aux élèves des parcours professionnels dès le collège ; modifier le « socle commun de connaissances » pour redonner la priorité à l’enseignement des savoirs fondamentaux. C’est ce qu’avait fait François Fillon en 2005, quand il était ministre de l’Éducation. Rebaptiser le ministère « ministère de l’Enseignement primaire et secondaire » serait un signal clair sur sa mission. Et cela ne coûterait rien ! Enfin, il faut préparer la liberté de choix des familles, en créant le ticket scolaire. Cela suppose de donner aux chefs d’établissement publics un véritable pouvoir : recruter leurs professeurs, définir un projet pédagogique adapté aux élèves accueillis et développer le dialogue avec les parents. La liberté va avec la responsabilité. Le système est bien trop centralisé. On ne peut pas tout attendre d’instructions venues du ministère. Il faut laisser vivre les initiatives de la société civile. […]

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