Sans une once de miséricorde de Sybil Kathigasu sera publié le 11 mars. Rédigées lors de l’occupation japonaise en Malaisie entre 1941 et 1945, ces chroniques constituent le témoignage autobiographique d’une résistante, infirmière et sage-femme malaisienne. Pour la première fois traduit en français, ce texte retrace quatre années de la vie de cette Eurasienne catholique durant le conflit opposant les forces japonaises aux Britanniques sur le territoire malaisien. À travers ce récit personnel, Sybil Kathigasu livre un témoignage unique sur les réseaux de résistance antijaponaise, son arrestation et les tortures subies en détention.
Engagée contre l’ultranationalisme et le militarisme japonais, elle devient une figure emblématique de la résistance. Dénoncée en 1943, arrêtée puis emprisonnée, elle consacre la seconde partie de son journal à décrire son incarcération et les sévices endurés. Libérée après la capitulation du Japon le 15 août 1945, elle est reconnue blessée de guerre et reçoit du roi d’Angleterre la George Medal, distinction honorant les actes de bravoure civile accomplis en temps de guerre. Sybil Kathigasu, née aux Indes néerlandaises en 1899, mourut en 1948 des suites des tortures subies.
En juillet 2024, le Vatican a ouvert son procès en béatification.
Tandis que l’attaque de Pearl Harbor et les bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki sont passés à la postérité, la dimension civile de l’occupation japonaise en Asie du Sud Est constitue un pan de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale largement ignoré en Europe.
L’ouvrage est précédé d’une introduction signée Elsa Lafaye de Micheaux, professeur d’économie politique à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et spécialiste de la Malaisie. Nous l’avons interrogé :
Elsa Lafaye de Micheaux vous remercie de votre intérêt pour Sans une once de miséricorde, de Sybil Kathigasu. Voici ses réponses à vos questions :
Face à la brutalité japonaise, comment Sybil Kathigasu a-t-elle puisée sa force de résistance ?
Sybil Kathigasu a puisé sa force de résistance dans son éducation, sa force morale et ses convictions. Sa foi catholique l’a-t-elle aidée à résister à l’occupation japonaise ? Oui clairement.
Pour quelle raison l’Eglise a-t-elle ouvert son procès en béatification en juillet 2024 ?
Je ne sais plus la raison l’Eglise a ouvert son procès en béatification en juillet 2024. Néanmoins, le livre en malais : « In his welcome address at the book launch, Bishop of Penang, Cardinal Datuk Seri Sebastian Francis said Sybil’s witness reminds us that our shared humanity is always stronger than our challenges and trials. Her courage and service extended to all » [Dans son discours de bienvenue lors du lancement du livre, l’évêque de Penang, le cardinal Datuk Seri Sebastian Francis, a déclaré que le témoignage de Sybil nous rappelle que notre humanité commune est toujours plus forte que nos défis et nos épreuves. Son courage et son dévouement s’étendaient à tous] est paru en juillet dernier.
Que représentait l’Eglise catholique en Malaisie à l’époque ?
L’Eglise catholique en Malaisie avait une place très minoritaire à l’époque. Sa place demeure minoritaire aujourd’hui.
