A l’occasion de la sortie du livre Témoins de l’Espérance, À la rencontre des Apôtres de notre temps, de Benoît de Blanpré, qui dirige l’Aide à l’Église en Détresse, principale association d’aide aux chrétiens persécutés, et Thomas Oswald, journaliste et auteur, travaille au service information de l’AED, nous avons interrogé les auteurs :
Pourquoi ce livre ?
Cela fait bientôt 80 ans que l’AED agit au service de l’Église dans le monde, et nous voulions prendre le temps de nous arrêter quelques instants pour présenter certains de ses visages, témoins des souffrances et de l’espérance des chrétiens en détresse. Nous nous inscrivons ainsi dans la longue tradition de l’AED qui a publié de nombreux ouvrages pour faire connaître et garder la mémoire de ces millions de chrétiens menacés, opprimés, voire persécutés. Ils sont nos maîtres par les vertus héroïques dont ils font preuve lorsque leur foi est « vérifiée par le feu ». Les chrétiens en détresse sont véritablement nos frères, et nous voulons partager au plus grande nombre le trésor de leur foi.
Vous parcourez tous les continents, mais pas tous les pays, comment avez-vous établi votre itinéraire ?
Nous avons mis en avant des partenaires que nous avons pu rencontrer en personne durant les trois dernières années et qui nous ont particulièrement touchés. Nous faisons voyager le lecteur du Guatemala à la République Démocratique du Congo en passant par la Chine, l’Ukraine ou encore l’Iran, parmi tant d’autres. Pourtant, il n’était pas question de faire un Atlas, mais un ouvrage grand public, agréable à lire et accessible. Notre livre permet de rejoindre concrètement l’expérience des chrétiens persécutés, vous n’y trouverez pas de tableaux statistiques ! Nous avons beaucoup d’autres publications, comme le rapport sur la Liberté religieuse, qui font cela très bien. Dans ce livre, nous voulions vous présenter avant tous des personnes, des communautés chrétiennes souffrantes, joyeuses et vivantes.
À qui s’adresse le livre « Témoins de l’Espérance » ?
Au plus grand nombre possible ! C’est un grand reportage vivant et instructif. Grâce au réseau de l’AED, nous connaissons des personnes remarquables, qui vivent des histoires hors du commun, dans pratiquement tous les pays. Je dois dire que notre travail est beaucoup facilité par la qualité des témoignages que nous récoltons. Pour écrire des histoires belles, souvent tragiques mais édifiantes, nous n’avons pas besoin de romancer, il nous suffit de raconter du mieux que nous pouvons ce que nous avons vu et entendu. Que l’on soit catéchumène ou chrétiens de longue date, jeune professionnel ou retraités, ce livre peut toucher les cœurs et être un formidable compagnon de carême.
Quelle est la rencontre qui vous a le plus marqué ?
Impossible de faire une réponse unique… Mais nous sommes abasourdis par le courage d’une religieuse comme la libanaise Sœur Maya El Beaino, de la congrégation des Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et Marie. Directrice d’une école située à quelques kilomètres de la frontière israélienne, elle a maintenu la scolarité même au plus fort du conflit entre l’État hébreux et le Hezbollah. Les missiles passaient au-dessus de l’établissement, l’électricité était coupée et malgré ces conditions effroyables, ses élèves ont continué à décrocher des prix d’excellence ! Dans un tout autre contexte, le père Floribert Bashimbé, à l’Est de la République démocratique du Congo, se débat pour maintenir l’Église locale en état de fonctionner. Il est vicaire générale de Bukavu, la capitale du sud Kivu, toute proche du Rwanda et bien qu’il soit prêtre depuis 30 ans, il n’a pratiquement jamais exercé son ministère dans un pays en paix. Il rend visite aux Congrégations religieuses, aux orphelinats, soutient des actions sociales innombrables sans se décourager… Et même avec une joie profonde et communicatrice. Devant ce genre de profils, on ne peut pas s’empêcher de se demander quel est leur carburant secret !
