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France : Politique en France

Un début de rassemblement des droites est à l’œuvre, poussée par des élus LR, bravant les consignes de Paris

Un début de rassemblement des droites est à l’œuvre, poussée par des élus LR, bravant les consignes de Paris

Lu dans le JDD :

Mercredi soir, peu après 22 heures, un dirigeant des Républicains raccroche son téléphone, le visage fermé. Le parti est sur le point d’exclure deux grands élus pour leur soutien à Éric Ciotti et à l’UDR. « Les prochains mois vont virer au supplice chinois », confie-t-il au JDD. Pas de rupture brutale, mais une lente saignée : des ralliements discrets, des débauchages méthodiques. De quoi affaiblir LR sans provoquer d’explosion. Dans les couloirs du parti, on s’inquiète de voir la droite se déliter, défection par défection, sous l’aspiration de l’UDR et du RN, sans possibilité de retour.

Le malaise n’a rien de passager. En Haute-Savoie, la victoire d’Antoine Valentin, candidat UDR soutenu par le RN, a fait l’effet d’un révélateur. Non seulement parce qu’elle intervient dans un territoire historiquement ancré à droite, mais parce qu’elle démontre qu’une autre offre peut désormais battre LR sur son propre terrain. Plus encore, cette législative partielle – provoquée par la démission de la députée LR Christelle Petex-Levet – a mis au jour les fractures internes du parti dirigé par Bruno Retailleau. Dans les jours qui suivent, plusieurs élus réclament des sanctions contre Martial Saddier, président de la fédération de Haute-Savoie, accusé de ne pas avoir soutenu le candidat LR et, pire, d’avoir fait campagne pour l’UDR. La défaite électorale s’est alors doublée d’une crise de confiance. Signe d’un parti qui doute de ses hommes autant que de sa ligne.

Ces ralliements mettent à nu un parti déboussolé : des élus qui doutent, des fédérations qui regardent ailleurs, des responsables locaux qui raisonnent en termes d’efficacité électorale plutôt que de loyauté partisane. Une porosité assumée publiquement par le général et eurodéputé LR Christophe Gomart, en affirmant qu’il soutiendrait Éric Ciotti à Nice, levant ainsi un tabou. Plus question, désormais, de sous-entendus ou de connivences feutrées. Un début de rassemblement des droites est à l’œuvre, poussée par des élus LR, bravant les consignes de Paris.

C’est la force de l’UDR : le mouvement de Ciotti ne se présente pas comme un parti de substitution, mais comme trait d’union. Un laboratoire politique où se croisent élus LR en rupture de ban, des cadres locaux désenchantés et des électeurs attirés par une ligne plus lisible, notamment sur l’économie. En misant sur des profils encore peu identifiés, l’UDR joue aussi sur le renouveau de personnalités dépourvues d’étiquette politique forte. Charles Alloncle en est l’illustration parfaite : propulsé sur le devant de la scène comme rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, ce jeune député coche toutes les cases du récit ciottiste. Un homme qui, justement, vient des Républicains.

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