C’est l’avis de Jean-Dominique Merchet (blog Secret Défense) qui commente les propositions de Valérie Pécresse de “faire intervenir en partie l’armée” pour des opérations de “sécurisation de zones” dans les “zones de non-droit, de non-France”, propositions qui feraient grincer les dents des autorités militaires :
“(…) Ce n’est pas la première fois que Valérie Pécresse évoque cette idée d’engager l’armée dans des missions de sécurité publique. «Je veux une opération coup de poing avec des brigades coup de poing, avec des policiers, le fisc, peut-être même le soutien de l’armée» avait-elle déclaré début décembre lors d’un déplacement à Toulouse.
Si ces rodomontades peuvent séduire une partie de l’électorat, elles ne déclenchent pas l’enthousiasme dans l’institution militaire, qui redoute par dessus tout de devoir faire un travail de police sur le sol national. Certes, des militaires peuvent être séduits à titre personnel, comme électeurs, par cette idée. Mais les armées savent le prix énorme qu’elles auraient à payer si elles devenaient des auxiliaires de police. C’est une chose de fantasmer sur la bataille d’Alger, c’est une autre chose de la refaire… Sans compter le cadre légal dans lequel elles pourraient être ainsi engagées. On se souvient des très fortes réticences exprimées lorsque le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait parler d’utiliser les militaires de l’opération Sentinelle en renfort des forces de l’ordre, lors des manifestations des Gilets Jaunes, une idée finalement abandonnée.
Cette idée de Valérie Pécresse traduit sans doute son peu de familiarité avec les armées. Elle n’est pas la seule : durant la primaire LR, son rival Michel Barnier, avait déjà suscité l’étonnement – pour être poli – dans les états-majors lorsqu’il avait plaidé pour le rétablissement du service militaire obligatoire (…)
Il y a manifestement urgence, au sein de l’équipe de la candidate LR, de parler sérieusement des questions militaires. Qui sera en charge du dossier ? On devrait en savoir plus en début de semaine prochaine et l’Opinion vous en tiendra informé. L’état-major de la candidate a, semble-t-il, cherché une figure militaire, à la manière d’Eric Zemmour dont le directeur de campagne est le général de la Chesnais. L’idée semble avoir été abandonnée.

Laguérie
Que Valérie Pécresse dise des bêtises, ce n’est pas une surprise. Reste que si faire intervenir l’armée pour des opérations de maintien de l’ordre est inadéquat, son intervention pour des opérations de guerre pourrait s’avérer une nécessité.