Après la France, le gouvernement espagnol a donné son feu vert à la réforme constitutionnelle destinée à consacrer un « droit à l’avortement », suite à l’avis favorable du Conseil d’Etat.
« L’exercice réel et effectif de ce droit sur l’ensemble du territoire national est menacé », considère la ministre de l’Egalité, Ana Redondo. « Il y a des femmes de première classe et des femmes de seconde classe selon l’endroit où elles résident », a-t-elle été jusqu’à déclarer lors de la conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres.
La réforme consiste à ajouter un paragraphe à l’article 43.3 qui dispose que « les pouvoirs publics garantissent l’exercice du droit des femmes à l’interruption volontaire de grossesse dans des conditions d’égalité réelle et effective, avec toutes les prestations et tous les services nécessaires à cet exercice ». Le Partido Popular (PP) a d’ores et déjà annoncé qu’il la rejetterait.
Cette modification devra être approuvée à la majorité des trois cinquièmes tant au Congrès qu’au Sénat. Si cette majorité n’est pas atteinte, une commission mixte élaborera une nouvelle proposition de texte qui devra être approuvée par le Parlement à la majorité des deux tiers et obtenir la majorité absolue au Sénat.
En cas de rejet, Ana Redondo a déclaré qu’« ils feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour contraindre des communautés autonomes comme Madrid ou l’Andalousie, mais aussi d’autres dirigées par le PSOE comme Castille-La Manche, à développer les avortements dans les établissements publics ». A Madrid et en Andalousie, le taux y est inférieur à 1%.
Source : Gènéthique
