Six mois après avoir annoncé son intention d’ordonner prêtres des hommes mariés à l’horizon 2028, Mgr Johan Bonny annonce que des candidats sont déjà en formation.
Le dossier a été porté à Rome et l’évêque d’Anvers fait désormais de son aboutissement un test de la « crédibilité » du processus synodal.
Les critères retenus sont proches de ceux appliqués aux candidats mariés au diaconat permanent : être âgé d’au moins 35 ans, avoir l’accord de son épouse, mener une vie familiale stable et ne plus avoir d’enfants en bas âge. Cette préparation se poursuit dans l’attente d’une autorisation de Rome, indispensable pour que le projet puisse aboutir.
Mgr Bonny justifie cette accélération par une situation qu’il présente comme une nécessité. Le diocèse d’Anvers ne compterait plus que 70 prêtres âgés de moins de 70 ans, dont les deux tiers sont d’origine étrangère.
Aucun prêtre n’est désormais affecté à un hôpital, à une école ou à un mouvement de jeunesse. Il ne reste qu’un seul aumônier permanent pour les cinq établissements pénitentiaires de la province.
En juin, Mgr Bonny s’est rendu à Rome afin d’y défendre son projet. Il a rencontré le cardinal Lazarus You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le Clergé, ainsi que le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode. Selon lui, les deux cardinaux lui ont répondu qu’ils transmettraient la question à Léon XIV.
Mgr Bonny précise qu’il avait également emporté à Rome une lettre de la Conférence épiscopale belge soutenant sa demande.
L’année 2028 correspond à la fin de la phase de mise en œuvre du Synode sur la synodalité. Ce qui était présenté au printemps comme une réponse à la pénurie de prêtres devient donc également une exigence liée à la réussite du processus synodal lui-même.
La pression sur Rome s’accentue : d’une demande discutée depuis des années, Mgr Bonny est passé à l’annonce d’ordinations ; de l’annonce, à la sélection et à la formation des candidats ; et de la préparation, à une démarche auprès de Rome assortie désormais d’une échéance.
Paul VI avait déjà répondu dans l’encyclique Sacerdotalis caelibatus du 24 juin 1967.
« On ne peut croire tout simplement que l’abolition du célibat ecclésiastique accroîtrait par le fait même et de façon notable le nombre de vocations. »
Paul VI demandait plutôt de rechercher les causes de leur diminution « dans la perte ou l’affaiblissement du sens de Dieu et du sacré » et dans le fait que l’Église soit moins reconnue comme « l’institution qui apporte le salut par la foi et les sacrements ».
Surtout, le célibat n’y est nullement présenté comme une simple règle pratique susceptible d’être abandonnée lorsque le nombre de prêtres diminue. Paul VI rappelle le « lien profond qui, dans le Christ, unit la virginité et le sacerdoce » et voit dans le célibat le signe du don total du prêtre au Christ, à l’Église et aux âmes.
Il allait jusqu’à affirmer que « l’Église d’Occident ne peut pas faiblir dans la fidélité à la tradition ancienne qui est la sienne ».
