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France : Politique en France

Affaire Bardella : le RN n’a pas su répondre à l’attaque par l’attaque, sur l’utilisation de conversations privées ou pour contester les dispositions Perben et Belloubet

Affaire Bardella : le RN n’a pas su répondre à l’attaque par l’attaque, sur l’utilisation de conversations privées ou pour contester les dispositions Perben et Belloubet

Dans Valeurs Actuelles, Guillaume Bernard revient sur l’affaire Bardella, lancée par Mediapart :

[…] L’actuel président du RN a refusé d’assumer quoi que ce soit, ce que d’aucuns ont jugé être une défense maladroite ouvrant la porte à la possible surenchère de ses accusateurs. N’aurait-il pas pu invoquer l’excuse de la jeunesse (influençable et insuffisamment formée) ? N’aurait-il pas dû invoquer le temps rédempteur ? Un homme change, il mûrit. Comme l’a fait remarquer le journaliste Dominique Jamet, à l’âge de Bardella au moment des écrits incriminés, Mitterrand était royaliste, Jospin trotskyste, Chirac communiste, BHL maoïste… Or, tous ont évolué. À leur instar, Jordan Bardella semble avoir publiquement fait bien des efforts pour se détacher de ses possibles errances juvéniles.

La logique sous-jacente de la vindicte mise en œuvre par Mediapart est très significative. Pour une part importante de cette mouvance, ni l’oubli ni le pardon ne sont envisageables. L’homme accusé d’être d’extrême droite est, selon la formule consacrée, essentialisé : il est comme frappé d’un péché originel dont rien ne peut jamais le délier. La faute (supposée ou réelle) étant implicitement sous-entendue imprescriptible, elle sert à disqualifier définitivement une personne quelle que soit sa conduite postérieure et, à travers elle, tout un camp politique.

Une défense juridiquement insuffisante

Il n’en demeure pas moins que la défense de Bardella est souvent considérée insuffisante dans la mesure où elle se contente de nier la véracité des faits mais en ne contestant pas l’incrimination de conversations privées. Il ne semble pas être venu à l’esprit des caciques du RN de répondre que des propos qui ne sont pas publics ne sauraient, en aucune manière, être des infractions punissables. Ils n’ont pas su répondre à l’attaque par l’attaque en déplaçant le curseur et en réorientant le débat.

Ils n’ont pas voulu profiter de la polémique pour contester, comme l’a suggéré l’énarque Jean-Yves Le Gallou, les dispositions Perben (2005) et Belloubet (2018) qui ont instauré une forme de délit d’opinion privée (cf. les contraventions de provocation, de diffamation et d’injure non publiques à caractère raciste des articles R. 624-3, R. 624-4 et R. 625-7 du Code pénal). Or, c’eut pu être une démarche de salubrité que de dénoncer l’effacement totalitaire de la distinction du public et du privé. Car quelle pourrait être la prochaine évolution pénale ? L’incrimination de la pensée elle-même, rendant impossible la recherche scientifique qui pose nécessairement des hypothèses quitte à les invalider par la suite ? […]

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