D’Olivier Frèrejacques, président de Liberté politique :
73,8 % des militants Les Républicains ont voté la confiance à Bruno Retailleau en vue de 2027. Un score sans appel qui n’est pas sans rappeler le vote de mai 2025 lors du Congrès LR : 74,31 % des voix s’étaient alors portées sur Bruno Retailleau et le reste sur son concurrent Laurent Wauquiez. S’il n’a pas fait un grand bond dans l’opinion, à en croire les sondages, il semble a minima que Bruno Retailleau ait su garder la confiance de sa base, ce qui est indispensable pour envisager de faire campagne. La base, très majoritairement convaincue, reste désormais à convaincre les cadres du parti qui se montrent ou sont tentés de se présenter comme des concurrents.
Laurent Wauquiez, démonétisé, a fait part de son inquiétude face à la multiplication des candidatures à droite, mais ne semble aujourd’hui pas en mesure de rassembler. D’autres pourraient être tentés d’y aller, à l’image de Xavier Bertrand dont on ne sait jamais trop s’il fait encore partie des LR et qui annonce à chaque scrutin envisager d’y aller sans parvenir à susciter la moindre once d’intérêt, ni chez les votants ni dans les médias.
La candidature de David Lisnard, qui joue sur la fibre libérale-dégagiste, peut aussi faire de l’ombre à Bruno Retailleau en le doublant sur sa droite, notamment sur les questions économiques sur lesquelles l’ancien sénateur entend se différencier du RN. Édouard Philippe, avec son petit parti Horizons, apparaissent aujourd’hui comme le concurrent le plus sérieux. Apprécié de la presse et sorte de candidat post-Macron naturel, il est issu du macronisme mais est parvenu à donner l’impression de s’en être éloigné. Plus à même de chasser les voix au centre, il rassure ceux qui craignent de glaner sur les terres du Rassemblement national…La question du parti présidé par Jordan Bardella est d’ailleurs centrale dans le dispositif Retailleau. À la manière de Nicolas Sarkozy en 2007, Retailleau entend ramener à lui les électeurs RN. Mais vingt ans plus tard et après la déception du quinquennat Sarkozy, il sera difficile de refaire le coup.
Pour l’heure, et même s’il faut rester très prudent en matière de pronostics électoraux, Bruno Retailleau part de très loin et devra probablement compter sur le fait qu’un concurrent s’effondre pour se placer en alternative. A défaut, il faudra se rallier avant le premier tour pour s’éviter une catastrophe à la Pécresse ou alors peser un peu sur le second tour avec un score au-dessus de 5 %.
