Dans Témoins de l’Espérance, À la rencontre des Apôtres de notre temps, Benoît de Blanpré, qui dirige l’Aide à l’Église en Détresse, principale association d’aide aux chrétiens persécutés, et Thomas Oswald, journaliste et auteur, au service information de l’AED, et que nous avions interrogé, écrivent à propos d’un prêtre en Chine :
Issu d’une famille catholique qui a connu les années terribles de l’ère Mao, il n’a naturellement aucune symptahie pour le Parti communiste chinois. Pourtant, il a accepté d’être enregistré auprès du parti, appartenant de fait à “l’Eglise patriotique”.
Les fonctionnaires de l’Etat chinois qui le surveillaient savaient bien qu’il était prêtre – ils savent pratiquement tout – et ils lui mettaient une pression continue pour qu’il accepte d’être enregistré. Ils affirmaient en particulier que sa hiérarchie elle-même le lui demandait, que les accords entre la Chine et le Vatican imposaient à tous les prêtres de s’enregistrer auprès du parti.
En fin de compte, cet argument l’emporta et il décida de signer son enregistrement. Mais ce n’était que le début de ses ennuis. Une fois enregistré, le prêtre devait accepter que des livres marxistes soient disponibles dans son église. Il pouvait être interrompu lors de l’un de ses sermons par un agent du gouvernement qui jugeait son discours incorrect. Il devait aussi assister à des séances de doctrine patriotique, dans le but de le réformer intellectuellement. Il s’agit de longues conférences qui vantent les mérites du parti, auxquelles le clergé enregistré est tenu d’assister.
Le plus douloureux fut de constater que ses paroissiens se détournaient de lui. A leurs yeux, il avait pactisé avec les communistes.
