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France : Société

Coup de filet contre la mafia algérienne en France

Coup de filet contre la mafia algérienne en France

“DZ Mafia” signifie “mafia algérienne”. À l’origine, l’abréviation « DZ » provient finalement des mots « Dzayer », « Dzaïr » ou « Al-Djazâ’ir » qui désignent l’Algérie en langues arabes ou berbères. DZ est ensuite devenu le code ISO 3166-1 du pays, un code utilisant deux lettres et recensant la quasi-totalité des pays du monde. Pour la France par exemple, c’est FR et pour la Belgique BE.

Une quarantaine de personnes liées à l’organisation criminelle avaient été interpellées en début de semaine dernière lors d’une opération d’ampleur. Le procureur de la République de Marseille a indiqué samedi que 26 des 42 personnes initialement placées en garde à vue lundi avaient été présentées à un magistrat. 15 d’entre elles, suspectées de collaborer avec l’organisation criminelle, ont été placées en détention provisoire. Parmi ces mis en examen figurent des détenus, un rappeur et un avocat suspecté de complicité au profit d’un des chefs du gang.

Outre la vente de produits stupéfiants, l’organisation criminelle a effectué des rackets, extorquant des commerces et des rappeurs tout en projetant des commandos de tueurs pour «défendre les intérêts de l’organisation» ou «attaquer la concurrence». Dans l’ombre de ces «gâchettes» se tapissaient de puissants commanditaires déjà incarcérés et capables d’user «de tous les moyens qui étaient à leur disposition afin de transmettre leurs instructions concernant la gestion de leur réseau» via des téléphones ou des messages codés entre prisonniers et proches aux parloirs.

«Les cadres dirigeants de cette organisation criminelle dégagent par personne, chaque mois, un bénéfice net de 300.000 euros. Ces sommes considérables sont totalement réinvesties ou blanchies dans le cadre de cette organisation criminelle», révèle le procureur.

L’une des figures du crime s’appuyait sur son propre avocat, Me Kamel Aissaoui, pour poursuivre ses activités malgré un transfert dans les deux prisons de haute sécurité ouverte par Gérald Darmanin. Le conseil, qui fait partie de la vague d’interpellation, est soupçonné d’avoir détourné l’usage d’une ligne téléphonique accordée dans le cadre des droits de la défense. L’homme aurait aussi fait passer des instructions à des complices de son client via des courriers couverts par le secret professionnel et même son propre ordinateur portable. Ces subterfuges auraient même permis à l’un des cadres de la DZ Mafia d’organiser à distance une véritable «conférence de presse»  fin 2024 après le meurtre d’un chauffeur VTC sur fond de guerre de gangs.

Mis en examen, Kamel Aissaoui a été placé en détention provisoire aux côtés de nombreux membres présumés de la DZ Mafia.

Les gendarmes ont saisi pour 4 millions d’euros d’objets mal acquis comprenant 12 biens immobiliers, une vingtaine de véhicules ou des centaines de milliers d’euros d’argent liquide. «Ces sommes considérables ne sont pas flambées, mais sont totalement réinvesties ou blanchies dans le cadre de cette organisation criminelle», ajoute le procureur.

Malheureusement, dans une décision publiée ce vendredi, le Conseil constitutionnel a prononcé une non-conformité totale de la peine complémentaire obligatoire de confiscation de certains biens en cas de condamnation pour trafic de stupéfiants. Selon les « Sages », cette règle empêchait les juges d’adapter la peine à chaque situation. Or, la confiscation serait prononcée automatiquement sans que les juges puissent moduler la peine ou en dispenser le condamné. La disposition prévoit la confiscation de tout bien ayant servi à la commission de l’infraction, ou qui en était le produit, qu’il s’agisse d’un véhicule ou de l’habitation de l’individu condamné. Le Conseil constitutionnel a ainsi refusé cette règle inscrite dans le Code pénal français après avoir été saisi lors d’un renvoi de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 17 décembre dans le cadre d’une affaire de trafic de stupéfiants. Le mis en cause, Mostafa B., avait été condamné par la cour d’appel de Bordeaux, le 16 octobre 2024, à sept ans de prison et à une confiscation de certains de ses biens.

Par ailleurs, admirez ce titre de Libé :

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