En ce temps de Carême, on se rappelle aussi des tentations de Notre Seigneur Jésus-Christ face au diable. Si même Lui a été confronté au diable, nous devons aussi chercher le secours de Dieu pour éviter les pièges du Malin. Et c’est ce que rappelait Saint Paul VI lors d’une audience du 15 novembre 1972 (https://www.lespsf.org/pdfdoc/ledemon_paul6.pdf) :
«Quels sont aujourd’hui les besoins les plus importants de l’Église?
Ne soyez pas étonnés par notre réponse que vous pourriez trouver simpliste, voire même superstitieuse ou irréelle: l’un de ses plus grands besoins est de se défendre contre ce mal que nous appelons le Démon.»
Et, il rappelle clairement que nous catholiques, nous sommes tenus de croire à l’existence du démon :
«Ils s’écartent de l’enseignement de la Bible et de l’Église ceux qui refusent de reconnaître son existence ou qui en font un principe autonome, n’ayant pas lui aussi, comme toute créature, son origine en Dieu; ou encore qui l’expliquent comme une pseudo-réalité, une invention de l’esprit pour personnifier les causes inconnues de nos maux. «
Puis il rappelle le problème de ceux qui donnent trop d’importance à la psychiatrie, etc. :
«À propos du Démon et de l’influence qu’il peut exercer sur les individus, sur les communautés, sur des sociétés entières ou sur les événements, il faudrait réétudier un chapitre très important de la doctrine catholique auquel on s’intéresse peu aujourd’hui. Certains pensent pouvoir trouver une compensation suffisante dans l’étude de la psychanalyse et de la psychiatrie, dans des expériences de spiritisme qui aujourd’hui, malheureusement, se répandent tant dans certains pays. On a peur de re tomber dans de vieilles théories manichéennes ou dans de funestes divagations, fantaisistes et superstitieuses. Aujourd’hui, on préfère afficher un esprit fort, sans préjugés, positiviste, quitte ensuite à attacher foi gratuitement à tant de lubies magiques ou populaires, ou, pire encore, à livrer son âme — son âme de baptisé, qui tant de fois a reçu la visite de la présence eucharistique et qui est habitée par l’Esprit-Saint — à des expériences sensuelles licencieuses, aux expériences délétères des stupéfiants ou aux séductions idéologiques des erreurs à la mode. Ce sont là autant de fissures par lesquelles le Malin peut facilement s’insinuer pour altérer l’esprit de l’homme. «
Et quelques mois auparavant, le 29 juin 1972, dans l’homélie à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul ( https://christroi.over-blog.com/article-la-fumee-de-satan-est-entree-dans-le-temple-de-dieu-paul-vi-61119740.html), il affirme qu’il a “le sentiment que, par quelque fissures, la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu. Il y a le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, la confrontation. On ne fait pas confiance à l’Eglise… On croyait qu’après le concile viendrait une journée de soleil pour l’histoire de l’Église. Au contraire, ce qui est venu, c’est une journée de nuages, d’obscurité, de recherche, d’incertitude… Nous croyons que quelque chose de préternaturel (le diable) est venu dans le monde pour troubler, pour étouffer les fruits du concile oecuménique et pour empêcher l’Eglise d’exprimer par un chant sa joie d’avoir repris pleinement conscience d’elle-même”.
Donc on voit bien le lien entre l’action du démon et les doutes concernant l’enseignement de l’Église. Et ces doutes, ces confrontations, etc., on a continué à les voir durant les 50 années qui ont suivi… comme on l’a vu à propos de l’enseignement en matière de morale sexuelle de l’Église notamment.
Et justement, en 2019 le Pape Emérite Benoît XVI expliquait que l’opposition à l’enseignement de l’Église était la cause principale de la crise des abus (https://terredecompassion.com/2019/04/18/texte-du-pape-emerite-benoit-xvi-sur-la-crise-des-abus-dans-leglise/). Et ce n’est pas par hasard que le Pape François voyait aussi l’action du diable dans les cas d’abus sexuels (https://www.lavie.fr/idees/debats/le-pape-et-satan-retour-sur-une-polemique-5729.php).
D’ailleurs récemment des exorcistes ont signalé l’augmentation de cas d’attaques démoniaques à cause des sectes, des nouvelles technologies, etc. (https://lesalonbeige.fr/la-frequentation-des-sectes-occultes-un-phenomene-croissant-encourage-par-les-reseaux-sociaux/).
Il faut donc continuer à prier, à demander de l’aide à Dieu et aux saints face aux attaques du démon. Et il faut aussi continuer à rappeler son existence afin qu’on ne doute pas de l’enseignement de l’Église.
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