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L'Eglise : Léon XIV

De Paris à Lourdes, Léon XIV : le pape-pèlerin de la Paix

De Paris à Lourdes, Léon XIV : le pape-pèlerin de la Paix

Second article de notre trilogie : 4 jours et 3 nuits avec le Pape Léon XIV en France 

de notre Envoyé spécial Antoine Bordier, auteur, biographe et consultant

Alors qu’il célèbre sa messe géante à l’emplacement même où le 21 janvier 1793, le bon roi Louis XVI fut décapité, Léon XIV, visiblement ému et recueilli, garde la tête sur les épaules. Il maîtrise son émotion face à cette foule de plus de 700 000 pèlerins venus de France.

La messe célébrée, juste avant 18h00, il prend l’avion et quitte la terre assoiffée parisienne sur laquelle il a déversé ses paroles de « vie ». Direction la petite bourgade de Lourdes, devenue la ville de la voyante des apparitions de Notre-Dame, Bernadette Soubirous. Ces apparitions ont eu lieu dans la célèbre « grotte aux cochons », que l’on appelle depuis la « grotte de l’Immaculée Conception ». Lourdes est à trois jets de bénédiction de la racine béarnaise papale. De nouveau, c’est à Lourdes que « la source d’eau vive » jaillit.

Ce 26 septembre, c’est là, dans la nuit étoilée, que le pape revêt sa tunique de pèlerin, devant une foule de 200 000 fidèles. Reportage, un cierge à la main.

La Grand-Messe de la Concorde

Ah, il fallait la voir cette messe géante, cette cathédrale éphémère d’un jour qui étendait ses bras tout autour de la place de la Concorde et qui prolongeait son corps mystique tout le long de l’avenue des Champs-Élysées, et même au-delà de l’Arc de Triomphe, jusqu’aux portes de Neuilly et de Maillot. Sur 3,3 kilomètres, une foule immense, tout un peuple de chrétiens, de croyants et de non-croyants, près de 800 000 pèlerins.

Les avenues portent bien leur nom, comme l’avenue de la Grande-Armée. Car, la Grande Armée de Dieu était là, debout pour la plupart, avec pour seules armes : celles du cœur, de la foi, de la joie, de la prière, de la soif et de la vie. Ils sont venus de toutes les régions de France : de Bretagne, des Hauts-de-France, d’Auvergne, de Rhône-Alpes, du Centre, ou encore d’Ile-de-France, etc. Une grande partie de la famille humaine de France s’était donné rendez-vous dans la capitale : du bébé, du nourrisson, jusqu’à l’arrière-grand-père et l’arrière-grand-mère, ou presque, toutes générations confondues. Un arbre généalogique à la taille d’un pays se redresse : celui de la France civilisationnelle.

Parmi les grands-parents, il y avait les plus connus, comme Brigitte Macron – son mari ayant décliné l’invitation, boudant cette après-midi historique et triomphale de la chrétienté française haute en couleurs –, comme Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin, François et Pénélope Fillon, présents dans le carré des personnalités officielles politiques.

Au cœur de cette nef à ciel ouvert, au moment où les nuages tiraient leur révérence, le Saint-Père, alors que venait de sonner 15h00, les trois heures du Christ, s’avançait au milieu de sa cohorte de cardinaux et d’évêques, au milieu de ses prêtres et diacres, de ses enfants de chœur au chiffre astronomique de 400 !

Oui, les chiffres donnent le tournis : plus de 15 000 bénévoles, plus de 2 400 prêtres et diacres, plus de 1 000 choristes, et plus de 500 000 hosties !

Témoignages de grands patrons

Avant la messe, dans le carré des VIP, l’arrivée des grands patrons comme Bernard Arnault, accompagné de son épouse Hélène et de ses fils Frédéric et Jean, n’est pas passée inaperçue. Le patron de LVMH était visiblement heureux de ce moment, lui qui fait partie des grands donateurs de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, et qui finance la venue du pape. Il y avait également Sébastien Bazin, le patron du groupe ACCOR, Jean-Charles Decaux, Vincent Montagne – patron de Média-Participations, président du Syndicat national de l’édition, et président de la chaîne KTO –, Ernest-Antoine Seillière, l’ancien patron du MEDEF entre 1998 et 2005, etc.

Pour Sébastien Bazin, l’enthousiasme au cœur, son témoignage sonne comme un florilège : « Je pense qu’on attend tous quelque chose : une étoile qui nous guide. On attend que l’on nous redonne la bonne direction. On a besoin d’une voix et que ce moment de grâce perdure au moins six mois. » Sébastien Bazin est le patron du groupe hôtelier français qui « embauche plus de 100 000 personnes par an ». Il continue : « Nous sommes une école de la vie, présente dans plus de 120 pays ». Il évoque Paul Dubrule, l’un des fondateurs du groupe Accor : « Il va très bien Paul, il va suivre cela à la télévision. Un petit clin d’œil à Paul et à Gérard (ndlr : l’autre fondateur), qui est là-haut ».

Alors que les premières places au pied du maître-autel se remplissent assez vite, c’est au tour du Baron Seillière de s’exprimer : « C’est un moment d’une importance extrême pour la France et pour l’Europe. Le pape donne le sentiment qu’il est pour chacun d’entre-nous son ami personnel. Il est proche, il est compatissant. » Il revient sur la crise économique, politique et social que connaît la France depuis quelques années : « C’est un moment difficile de notre existence, mais il y en a eu d’autres. Tout fini par s’arranger. Nous avons, donc, des raisons d’espérer, et nous en trouverons tout au long de cette messe et de la visite du pape Léon XIV en France. »

Les temps forts de la Messe

Ah, il faut le voir et le revoir ce bain de foule du pape qui a duré plus d’une demi-heure et qui a démarré avenue de la Grande-Armée, avec plusieurs pauses, dont celles à l’Arc de Triomphe. Puis, la descente des Champs-Elysées au milieu des clameurs. Une image a marqué la France entière, celle de tous ces bébés présentés par des familles, des papas et des mamans, passant de main en main, arrivant à celles des volontaires et des policiers, des gendarmes, et, enfin, de la garde rapprochée – dernière ceinture de sécurité – pour arriver jusqu’au pape qui fait stopper le véhicule blanc, regarde le petit ange et fait une bénédiction sur son front. Et cette autre image presque céleste qui a fait le tour du monde : celle de la bénédiction de Marie-Garance Noël, 11 ans, polyhandicapée, toute vêtue de bleu, dont les parents adoptifs, Clotilde (de l’association Tombée du Nid) et Nicolas, n’imaginaient pas qu’elle serait portée à ce point jusqu’au pape, tenue par un colosse de la Garde suisse. Sa bénédiction est une onction. Tous attendaient le miracle de la guérison. Il a eu lieu… invisible.

A ce moment précis, la terre s’est arrêtée, le ciel s’est ouvert. Un moment des plus suspendus, une sorte de « transfiguration », de Pieta inversée – photographiée avec brio par Ludovic Marin de l’Agence France-Presse. Plus tard, devant les caméras de BFMTV, Clotilde Noël répondra que cette rencontre n’était « absolument pas prévue ». Imprévue, donc, mais, très certainement, providentielle.

A 14h59, après ce bain de foule triomphal, la procession d’entrée monumentale démarre. Là, de nouveau le temps est suspendu. Les nuages ont disparu, il y a du blanc, du bleu et du jaune partout ! Puis, à 15h37, c’est l’homélie, une parole belle, libre et profonde, ascensionnelle et divine, authentique et véritable, qui interpelle le peuple de France : « Que cherchons-nous vraiment dans la vie ? » Face à la soif de sainteté et de sens, à la recherche de valeurs, qu’il évoque de nouveau, le pape répond : « La soif de Dieu est une soif de sens ».

Avant la source de Lourdes, la soif de Dieu

On le croirait entouré de ses prédécesseurs et des saints : de Léon XIII avec son encyclique Rerum Novarum (1891) qui littéralement se traduit par « la soif d’innovations », de saint Jean-Paul II et de ses quatorze lettres encycliques qui en parlent – avec son célèbre texte « J’ai soif » (Evangile de saint Jean 19, 28) –, de sainte Mère Teresa qui a apposé « I Thirst » à côté de toutes les croix de ses maisons de charité, de saint Joseph de Cotignac et de saint Vincent de Paul (le patron des vignerons).

Léon XIV, quand il était missionnaire au Pérou a vu cette soif manquer plus d’une fois. C’est pour cela qu’il démarre son homélie ainsi : « “ Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive ” (Jn 7, 37). Frères et sœurs, notre communauté assoiffée s’élance vers le Christ, source d’eau vive ; cette eau qui désaltère et fait fleurir la vie, cette eau de l’amour de Dieu “ répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ” (Rm 5, 5). Le désir de Dieu habite notre cœur au plus profond, et nous crions avec le Psalmiste : “ Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant ” (Ps 41, 3) ! C’est le cri d’un homme, humble et passionné, dont la soif la plus intérieure et existentielle ne cesse de grandir. Or c’est Jésus-Christ, par son incarnation, qui rejoint tout homme dans son histoire et se révèle à lui comme la véritable source d’eau vive capable d’étancher sa soif. Il ne s’agit pas tant d’une soif matérielle que d’une soif de sens, de vérité et d’accomplissement qui habite le cœur de chacun. Jésus répond à ce désir profond de relation, de communion avec Dieu, en qui réside la plénitude de la vie pour toujours. »

Il conclut sa visitation à Paris

Il termine devant une foule recueillie :

« Chers frères et sœurs, l’eau vive de l’Esprit Saint s’est répandue en abondance et continue à porter ses fruits dans l’Église par les missionnaires et les témoins dans toutes les cultures et dans tous les peuples. Elle féconde tout ce qui se laisse toucher, transformer par elle pour produire son fruit, c’est-à-dire la sainteté de ceux qui adorent le Dieu véritable et servent leurs frères et sœurs dans la charité avec générosité. Dans ce beau pays qu’est la France, beaucoup se sont abreuvés à cette eau vive au fil des siècles et ont totalement consacré leur vie au bien : les premiers martyrs tels Blandine, Pothin, Irénée ; les saints fondateurs et fondatrices d’Ordre religieux, les saints évêques comme Martin, François de Sales ; les hommes et les femmes au cœur sensible aux besoins de leurs prochains comme Vincent de Paul, Frédéric Ozanam, Jeanne Jugan, et tant d’autres. Encore aujourd’hui, ils sont nombreux dans notre société, nos paroisses, nos différentes activités, ceux qui continuent à s’engager en faveur de la vie, de la famille, de la vérité, de la paix, de la fraternité, de la justice. De cette belle ville de Paris, je prie avec ferveur pour que l’eau vive de l’Esprit Saint se répande sur toute la France… »

A Lourdes : le maire, le pape, Hugo et… Denise

Il est 19h03 lorsque l’avion du pape se pose à l’aéroport international de Tarbes-Lourdes-Pyrénées. Là, dans cette petite ville, devenue depuis 1858 la seconde ville hôtelière de France, Victor Hugo dépose ses valises en 1843. Il y écrit une partie de ses poèmes. Léon XIV a contemplé la cité mariale vue du ciel, Victor Hugo vue depuis sa diligence en provenance de Pau. L’écrivain décrivait : « Le Gave d’un côté, la ville de l’autre, et les montagnes, hautes, abruptes, coupées de tranchées profondes d’où montent les brumes, le vent, le bruit. »

Le pape, lui, va à l’essentiel et relate « un lieu béni, un lieu de prière, de conversion et d’espérance ».

Accueilli par le maire de la ville, Thierry Lavit, au milieu de chants montagnards traditionnels, comme celui de Lourdes au salut, les deux hommes déambulent et échangent sur la ville, l’eau, l’histoire de Bernadette Soubirous – l’humble et pauvre voyante – et le château-fort, qui domine là-haut, au-dessus de son pic rocheux. Ce que n’a pas fait Emmanuel Macron – ratant ainsi une occasion historique –, Thierry Lavit le fait : il offre à Léon XIV de donner son nom à un pont restauré ; une statue emblématique qu’ils dévoilent ensemble devant les caméras du monde entier : La Fraternité entre les peuples, réalisée par le sculpteur Jean-Jacques Abdallah. Là, nous avons plus qu’un message, un baiser de paix, une offrande, un parfum déposé sur les pieds d’un pape venu en pèlerin.

Alors que la nuit tombe et que les deux hommes échangent leurs cadeaux de bienvenue et de remerciements : trois rosiers centenaires de Lourdes (destinés aux jardins du Vatican) et un pot de miel issu des ruches du Château-fort, tout autour bourdonnent la clameur et les prières incessantes des 200 000 pèlerins venus de toute la région, d’Espagne, d’Italie et du Var principalement.

Denise Ostertag, qui fêtera ses 90 ans dans quelques semaines, est venue spécialement avec son petit groupe paroissial de La Crau. « Oh, quel bonheur, d’avoir pu être là. C’était incroyable, formidable. Une journée remplie de joie, de paix et d’amour… » Une journée historique, bien que fatigante, qui a duré 24 heures (avec un aller-retour en bus) pour celle que l’on appelle là-bas « la Mama ».

Le pape-pèlerin chapelet et cierge à la main

Alors qu’il vient de quitter le maire, Léon XIV traverse toute la ville au milieu de la foule des pèlerins qui l’acclament, chantent et prient. Sa déambulation de vingt minutes s’arrête à la grotte de Massabielle. Ah, il faut la voir cette grotte, la contempler, zoomer sur chaque parcelle de sa roche qui suinte ; un rocher devenu, depuis la première apparition du jeudi 11 février 1858, un roc marial, une pierre de paradis. La lumière y est sacrée, presque dorée.

Après les clameurs et les applaudissements, un silence divin, véritable soupir marial, accueille le pape-pèlerin qui prie quelques minutes, à genoux, en regardant la statue de l’Immaculée Conception sous laquelle est inscrite cette description : « Que soy era Immaculada Councepciou ».

Puis, il se relève et marche seul, touche avec sa main droite la paroi de la grotte, juste au-dessus de la source. Un chapelain lui offre un verre d’eau – cette eau miraculeuse qui a guéri et soigné des milliers de personnes depuis 1858. Le pape continue et termine son tour en touchant la paroi de sa main gauche au-dessus de lui, comme s’il voulait La toucher. Pour être totalement pèlerin, il lui manque deux choses : allumer un cierge et prier le chapelet. C’est ce qu’il va faire. Avant de quitter la grotte, il prie la Vierge Marie.

« Nous te prions pour la France »

« Notre-Dame de Lourdes, l’Immaculée Conception, en ce lieu béni où tu as parlé, avec tant de douceur et de tendresse, à sainte Bernadette , humble fille du peuple de France pour délivrer au monde un lumineux message de prière, de conversion et d’espérance, nous accourons vers toi avec confiance ; parce que Tu es la Mère que Jésus nous a donnée, et que tu es attentive à tous nos besoins. Nous te prions, Notre-Dame, pour la France dont tu es la Patronne et que tu as durant tant de siècles entouré de ta protection. Obtiens pour son peuple le don de la concorde fraternelle. Qu’il construise une société harmonieuse, bannissant toute violence et toute haine, permettant à chacun de travailler, de fonder sa famille et d’accomplir sa vie jusqu’au bout dans la tranquillité et la sérénité. Que les plus malheureux et les plus pauvres soient toujours soutenus. Obtiens pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice d’eux-mêmes, capables d’affronter les défis et voulant servir le bien commun. Qu’ils la gardent en paix dans le concert des nations. Qu’ils fassent entendre sa voix pour promouvoir la défense des droits humains fondamentaux, ainsi que la paix dans le monde, rejetant à jamais les logiques de guerre… »

Le chapelet du pape et la procession aux flambeaux

Vers 20h45, le pape est de retour à la grotte de Massabielle, cette fois-ci, il est revêtu de son habit de pèlerin à 100 % : sa courte pèlerine rouge que l’on appelle mozzetta et qui couvre les épaules, par-dessus sa soutane immaculée de blanc, ses chaussures de marche. Puis, un chapelain lui apporte un cierge de procession et d’un geste simple, il sort son chapelet de sa poche gauche. Démarre, ensuite, la longue procession aux flambeaux qui va mener le pape Léon XIV jusqu’au parvis de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, alors que tous égrènent le chapelet et sèment les grains de la Paix pour le monde entier !

Dans le ciel la pleine lune brille comme jamais.

Finalement, Léon XIV, en tant que pape-pèlerin à Lourdes, aura rencontré les malades, les pauvres, les autres pèlerins et – ne les oublions pas – des victimes de crimes et de délits d’abus et de pédophilie commis au sein de l’église de France.

A la rencontre des victimes…

Ce dimanche 27 septembre, 7 victimes « triées sur le volet » sont là : 3 femmes et 4 hommes, dont 5 ont accepté de rendre publique leur identité. Il s’agit de Jean-Marie Delbos (80 ans), abusé à 10 ans par un prêtre de Bétharram, de Bertrand Virieux, abusé par le curé Bernard Preynat, de Véronique Garnier, abusée à 13 ans, d’Olivier Mardi, agressé dans les années 70 par l’abbé Bernard Tartu (condamné en 2024) au sein des Petits chanteurs de Touraine, de Jérôme Guillement. Cette sélection « triée sur le volet » a été vivement critiquée, certains collectifs reprochant à l’épiscopat français d’avoir mis en scène une opération de « blanchiment » ou « de vitrine ». Une sorte de « casting institutionnel » de « victimes convenables ou dociles ». S’agirait-il d’un « coup de communication », d’un « déni de représentativité », ou d’une « instrumentalisation de la souffrance » qui viserait à atténuer ces scandales dans l’église de France qui aurait fait selon le rapport Sauvé (de la CIASE) près de 330 000 victimes ?

Et les autres ?

La Ciase, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, a travaillé notamment sur le profil de l’abbé Pierre-Armand de Voyer d’Argenson, ordonné par Mgr Lefebvre en 1976. Il a quitté l’église schismatique, puis a officié en touraine sous la protection du cardinal Jean Honoré. En septembre 2007, il a été condamné définitivement pour « délit de violences volontaires sur une personne vulnérable », mais jamais pour pédophilie, alors que parmi ses victimes il y avait des enfants de chœur. A ce moment-là, il officiait comme chapelain à la basilique Saint-Martin de Tours, avant de devenir vicaire général de l’archevêché de Tours, dans les années 1990. De plus, le collectif indépendant « Après la Ciase » (créé à la suite des conclusions de la commission fin 2021) a joué et joue encore un rôle clé de veille en dénonçant, notamment, publiquement son maintien dans des fonctions officielles au sein du diocèse de Quimper, malgré ses antécédents judiciaires. Beaucoup de zones d’ombre persistent sur l’affaire d’Argenson, sur cet abbé qui appartenait à la génération des « pionniers » du Séminaire Saint-Pie X d’Ecône, fondé par Mgr Lefebvre.

Finalement, au-delà de cet exemple, combien sont-ils à ne pas avoir été condamnés par le tribunal ecclésiastique, à ne pas avoir subi de sanction pénale canonique ? Le mystère reste entier, un mystère au goût amer, de fiel, pour toutes les victimes.

Face à ces scandales, le pape Léon XIV s’est engagé personnellement « pour que ce mal ne se reproduise plus ». Il a ajouté : « Je suis profondément bouleversé, profondément blessé » par le témoignage des victimes, évoquant des plaies toujours ouvertes… Un pape compatissant, à l’écoute, protecteur et réparateur de ces enfants victimes. Espérons-le !

Sur les réseaux sociaux, un signe pour finir

Sur les réseaux sociaux un certain Niko Winchester s’étonne que toute la visitation du pape à Lourdes se soit déroulée un jour de pleine lune. Ce réseauteur fervent et passionné a été relayé par plusieurs profils et groupes sur Facebook.

« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » Tout serait dit dans ce texte de l’Apocalypse de St Jean (chap.12, 1).

Effectivement, lors de la procession, le soleil se couchait, tel un doux manteau, recouvrant de ses couleurs pastel et de son ombre la voûte céleste qui s’éteignait lentement. Au même moment, lorsque le pape sort en tenue de pèlerin de la grotte, il aperçoit la pleine lune qui se lève, resplendissante, se positionnant – selon ces observateurs – au-dessus du sanctuaire, placée « sous les pieds » de la Femme et de l’immense ferveur mariale. Quant aux douze étoiles, la statue de la Vierge située sur l’esplanade est couronnée d’une auréole lumineuse !

Ave Maria, gratia plena…

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier, AFP-L. Martin, copie-écran KTO et Le Jour du Seigneur

Troisième et dernier article de notre trilogie à suivre…

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