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Tribune libre

Prix Combourg-Chateaubriand en 2026, après le Prix Roger Nimier en 2025, pour le « Malestroit » de Jean de Saint-Chéron

Prix Combourg-Chateaubriand en 2026, après le Prix Roger Nimier en 2025, pour le « Malestroit » de Jean de Saint-Chéron

L’académie Chateaubriand a attribué le prix Combourg/Chateaubriand 2026 à l’écrivain Jean de Saint-Cheron, pour son livre « Malestroit » sur la vie de la mystique morbihannaise Yvonne-Aimée de Malestroit, paru aux éditions Grasset. Ce prix prestigieux lui a été remis le samedi 3 octobre au château Combourg où vécut l’auteur du « Génie du christianisme ». En 2025, ce même livre Malestroit avait reçu le prix Roger Nimier.

Résistante décorée de la Légion d’honneur par le général De Gaulle, Yvonne Beauvais est une héroïne inconnue, et pour cause : on a voulu effacer son histoire. Cette femme dont la vie, dès l’adolescence, fut dédiée au service des pauvres, se fit religieuse à l’âge de 26 ans et transforma le couvent breton de Malestroit en une clinique moderne. Quand la guerre éclata, elle s’engagea dans la Résistance, cachant parmi ses sœurs une jeune juive puis des dizaines de résistants et de parachutistes alliés. Torturée par la Gestapo, elle sera couverte de médailles à la Libération. Mais elle avait le défaut d’être mystique… Son entourage lui attribuait des phénomènes extraordinaires, incompréhensibles (stigmates, visions, bilocation…), comme dans les récits du Moyen Âge. Or le surnaturel fait peur : il sent le soufre, le mensonge ou la folie. En 1960, neuf ans après la mort d’Yvonne à l’âge de quarante-neuf ans, l’inquisition de l’Église de Rome referma son dossier de canonisation de façon définitive, sur trois mots cinglants : « Trop de miracles ».

Qui était-elle vraiment ? Une illuminée ? Une affabulatrice prétendant avoir rencontré Adolf Hitler pour se faire briller ? Ou une vraie sainte, victime de misogynie et de jalousie, que firent finalement souffrir les grâces stupéfiantes qu’elle avait reçues ? La réponse est moins simple qu’on pourrait croire, quel que soit le camp dans lequel on se place, sceptique ou admirateur.

Retracer son destin, c’est plonger dans un roman mêlant légende, témoignage et récit mystique au cœur de la grande Histoire. Ce que Jean de Saint-Cheron fait avec style et fougue en mettant en scène à la fois son enquête personnelle et les jours d’Yvonne-Aimée. Sans jugement, il se place au plus près de la vérité pour tâcher de dire ce que fut l’existence de cette femme proprement extra-ordinaire.

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Malestroit, Jean de Saint-Cheron, Editions Grasset, 224 pages, 20 €.

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