» Personne au monde n’a plus que le prêtre le droit et le devoir d’aimer, car en lui, l’amour coïncide avec une vocation sublime. »
Le livre de Mgr Athanasius Schneider offre une méditation exigeante sur l’identité profonde du prêtre à une époque marquée par la sécularisation, le brouillage des repères et le désengagement religieux.
Face à ce contexte de confusion, l’auteur rappelle que le prêtre est avant tout l’homme de Dieu, une figure sacrée appelée à s’effacer pour laisser s’exprimer les seuls intérêts divins. Revêtu d’un caractère indélébile – prêtre pour l’éternité, saint Paul parlera du « sceau »-, le ministre du Christ trouve sa fidélité dans l’accomplissement de plusieurs rôles fondamentaux.
Cette fidélité exige en premier lieu une recherche ardente de la sainteté personnelle. Conçu comme un ami de Dieu, le prêtre doit s’unir mystiquement à Lui par une vie d’oraison intense, indispensable pour ne pas sombrer dans l’activisme ou le découragement. Le prêtre porte l’exigence de vivre les Béatitudes. Elles nous révèlent que Dieu est pauvre, doux, miséricordieux, pur, faiseur de paix… Les Béatitudes donnent à notre monde inquiet, le goût de Dieu et le désir du Royaume éternel, offrant ainsi une boussole spirituelle à une société contemporaine souvent égarée, repliée sur elle-même. Ce chemin passe nécessairement par la Croix, qui conjugue intimement humilité et ardeur. L’humilité pousse le prêtre à reconnaître que le feu de l’amour véritable réside en Dieu et non dans ses propres forces humaines, tandis que l’ardeur ranime son zèle pastoral à la pensée que cet amour divin demeure méconnu ou mal-aimé.
Le prêtre est l’homme de la miséricorde. Loin de l’isoler de ses frères, cette identité le pousse au service de ses frères ; son unique souci est le salut des âmes. Attention, le prêtre est un homme ; un homme avec ses faiblesses, ses croix, ses craintes. Mais là est sa force, il la puise en Dieu. « Il n’est pas cependant vacciné contre le « virus de la grippe pastorale » qui peut frapper toute vie sacerdotale : mélancolie, vanité, cynisme, défaitisme, humour noir, amertume entretenue, critique désabusée, torpeur, morosité, tous, symptômes d’une fièvre facilement contagieuse et prélude à un coma profond. »
Enfin, face aux dérives de la sécularisation, le prêtre s’impose comme le défenseur des droits de Dieu. Il porte la responsabilité de replacer le sacré au centre de la société et de l’Église, en se faisant le gardien vigilant de la saine doctrine, de la Tradition et de la sainteté des sacrements. Un accent tout particulier est mis sur la dignité de la liturgie et de l’Eucharistie, thèmes chers à Mgr Schneider. Le prêtre y est décrit comme l’instrument par lequel le Christ agit directement (ordonné in persona Christi).
Face à ce « temps de confusion » et de « crise du sacerdoce », cet ouvrage vise à redonner aux prêtres et aux séminaristes une conscience aiguë de leur dignité et de leur beauté spirituelle. Il s’agit d’un appel exigeant à « se revêtir de l’esprit du Christ » pour guider les fidèles avec clarté. Ces réflexions sont bien sûr en premier lieu destinées aux prêtres, mais les fidèles prendront grand intérêt à leur lecture afin de poser sur les prêtres qui leur dispensent les « Magnalia dei », « merveilles de Dieu », un regard profondément filial et surnaturel.
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Homme de Dieu, les fondements de la vie du prêtre, Mgr Schneider, Préface de Mgr Dominique Rey, Editions Contretemps, 18 €
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