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Tribune libre

La Vie chrétienne victorieuse – La haine envers le peuple juif : hier, aujourd’hui, demain (Partie 1)

La Vie chrétienne victorieuse – La haine envers le peuple juif : hier, aujourd’hui, demain (Partie 1)

Une haine ancienne et persistante
Cet exposé s’adresse à tous, chrétiens ou non, avec le désir d’aborder un sujet grave en tenant ensemble deux exigences que nous ne devons jamais séparer : la vérité et la bienveillance.

Il ne cherche pas à juger les personnes, mais à inviter chacun à réfléchir, à la lumière de l’Écriture, sur une réalité ancienne et pourtant toujours présente : la haine envers le peuple juif, hier, aujourd’hui et, selon ce que nous pouvons discerner de l’Écriture, demain.
Une précision est nécessaire avant d’entrer dans le sujet. Nous évoquerons les fautes commises, au cours des siècles, par des personnes se réclamant du christianisme à l’égard du peuple juif : croisades, expulsions, discours de mépris, persécutions et violences parfois extrêmes.

Les nommer ne signifie évidemment pas accuser les chrétiens d’aujourd’hui d’en porter personnellement la responsabilité. Nous ne sommes pas coupables des actes commis par ceux qui nous ont précédés. Un chrétien du XXIe siècle n’a pas à porter le poids moral de crimes accomplis, des siècles auparavant, par d’autres.

La mémoire n’est pas la culpabilité.

Mais se souvenir du mal commis, l’appeler par son nom et en tirer une leçon de vigilance relèvent de l’honnêteté historique et de la responsabilité spirituelle. Il n’est pas nécessaire de s’incliner sous un fardeau qui ne nous appartient pas pour reconnaître les erreurs du passé et nous en garder aujourd’hui.
Cet exposé ne cherche donc ni à accabler, ni à culpabiliser, ni à opposer des croyants à d’autres croyants. Il veut simplement rappeler ce que la Bible enseigne au sujet d’Israël et ce que cela implique pour notre manière d’aimer, de discerner et d’unir fermeté dans la vérité et bienveillance envers les personnes.
Lorsque nous observons l’histoire du peuple juif, une question s’impose avec une acuité troublante : pourquoi tant de haine ?

De l’oppression en Égypte ancienne aux pogroms de l’Empire russe, de l’Inquisition espagnole à la Shoah, des attentats antisémites aux discours haineux diffusés aujourd’hui sur les réseaux sociaux, le peuple juif a traversé l’histoire en rencontrant une hostilité dont la persistance frappe les esprits.

Il existe des questions que nous aimerions ne jamais avoir à poser ; la haine envers les Juifs est de celles-là. Nous voudrions croire qu’elle appartient définitivement au passé, qu’elle a été jugée, condamnée et dépassée. Pourtant, elle réapparaît sous des formes nouvelles, avec une régularité qui devrait nous alarmer.
Pourquoi ce peuple, parmi tant d’autres, a-t-il suscité une hostilité aussi obstinée au cours des siècles ?

Pour un chrétien, les explications historiques, politiques, économiques, sociales et idéologiques sont nécessaires. L’antisémitisme ne doit jamais être traité comme une énigme abstraite qui dispenserait d’étudier ses causes concrètes. Mais ces explications ne constituent pas toute la réalité.

Dès les premiers récits bibliques, une opposition répétée apparaît contre le peuple hébreu. Dans le livre de l’Exode, Pharaon cherche à faire disparaître les garçons hébreux nouveau-nés (Exode 1.15-22). Dans le livre d’Esther, Haman projette l’anéantissement du peuple juif (Esther 3.8-9).
Même l’apôtre Paul demande : « Dieu a-t-Il rejeté Son peuple ? Loin de là ! » (Romains 11.1). Puis il affirme : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (Romains 11.29).

Ces paroles nous interdisent de penser qu’Israël aurait cessé d’avoir une place dans les pensées de Dieu. Elles signifient que Dieu demeure fidèle à l’appel qu’Il a souverainement donné.

L’histoire post biblique porte malheureusement les traces de cette hostilité : persécutions dans diverses périodes de l’Antiquité et du Moyen Âge, massacres de communautés juives lors des croisades, expulsions, violences liées à l’Inquisition, pogroms dans l’Empire russe et, finalement, l’aboutissement monstrueux de l’antisémitisme racial nazi avec la Shoah, au cours de laquelle environ six millions de Juifs furent assassinés.
Il faut le dire sans détour : les persécutions de Juifs commises par des chrétiens, ou au nom du christianisme, ont été une trahison de l’Évangile. Ceux qui ont persécuté les Juifs au nom du Christ ont contredit son enseignement. Jésus Lui-même a déclaré à la Samaritaine : « Le salut vient des Juifs » (Jean 4.22).
Cette parole devrait suffire à nous rappeler l’enracinement juif de la foi chrétienne. Jésus était Juif selon la chair ; Marie était Juive ; les apôtres étaient Juifs ; les premiers disciples étaient Juifs. Les Écritures que nous appelons l’Ancien Testament furent confiées à Israël, et le Messie est venu selon les promesses faites aux pères.
Nommer cette trahison ne revient pas à instruire un procès contre les chrétiens d’aujourd’hui. C’est reconnaître le mal afin de mieux s’en garder. Un chrétien contemporain doit recevoir de cette histoire une leçon précieuse : ne jamais permettre que le langage religieux serve d’habillage à la haine, quelle qu’en soit la cible.

Une haine qui change de visage
Dans nos sociétés, l’antisémitisme est condamné par la loi. L’histoire l’a dénoncé ; les commémorations rappellent où il peut conduire ; l’éducation cherche à transmettre la mémoire des crimes du passé. Pourtant, il revient.

Parfois, il se présente sous forme de préjugés silencieux. Parfois, il s’exprime ouvertement par l’insulte, l’agression, la profanation ou la violence. Parfois encore, il emprunte le langage de la conspiration : domination financière, contrôle des médias, influence secrète sur les gouvernements, manipulation supposée des événements mondiaux.
Le danger est de ne plus reconnaître le mal parce qu’il porte un masque différent de celui que les livres d’histoire nous ont appris à identifier.

Les années 1930 nous enseignent une leçon simple et terrible : une société peut s’habituer progressivement à des paroles qu’elle aurait jugées impensables quelques années plus tôt. Tout commence souvent par des mots ; puis viennent la marginalisation, la suspicion, la stigmatisation et la déshumanisation. Lorsque ces étapes ne rencontrent pas de résistance, la violence peut suivre.

Les événements du Proche-Orient depuis les massacres commis en Israël le 7 octobre 2023 ont remis cette question au centre de nombreuses discussions. Ils ont aussi révélé une difficulté particulière : la souffrance des victimes juives peut être relativisée, minimisée ou oubliée ; inversement, certaines critiques de la politique israélienne peuvent glisser vers une hostilité qui vise les Juifs comme peuple.

Il faut donc maintenir une distinction essentielle : critiquer les décisions d’un gouvernement n’est pas haïr un peuple. Les prophètes d’Israël n’ont jamais épargné leur propre nation lorsqu’elle s’écartait de Dieu et commettait l’injustice. Ils l’ont reprise, avertie et parfois sévèrement condamnée. La critique politique ou morale a donc sa place.

Cependant, le mal commence lorsque cette critique devient un prétexte pour accuser indistinctement tous les Juifs ; lorsqu’elle applique à Israël des critères refusés à toute autre nation ; lorsqu’elle déshumanise les Israéliens ; lorsqu’elle justifie la violence contre des civils ; ou lorsqu’elle reprend, sous un vocabulaire politique, d’anciens stéréotypes antijuifs.

Nous pouvons désapprouver une politique sans haïr un peuple. Nous pouvons reconnaître la souffrance des victimes israéliennes sans devenir indifférents à celle des civils palestiniens. La compassion chrétienne ne doit pas être distribuée selon les camps. Elle doit répondre à la souffrance humaine, sans relativiser le mal où qu’il se trouve.

La Bible nous rappelle la réalité du cœur humain : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est incurable ; qui le connaît ? » (Jérémie 17.9).
Les lois sont nécessaires ; l’éducation est précieuse ; la mémoire est indispensable. Mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à changer le cœur humain. Celui-ci demeure capable de produire le mensonge, la haine et la violence.

Le chrétien reconnaît donc que le combat contre le mal possède aussi une dimension spirituelle. Cette conviction ne remplace jamais l’analyse sérieuse des causes historiques ou sociales ; elle nous empêche seulement de croire que le problème serait définitivement réglé par les progrès apparents de la civilisation.

À suivre… « La haine envers le peuple juif : Israël dans le dessein de Dieu »

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